7 actions pour mener une vie d’artiste

La vie d’artiste vous fait rêver ? Vous aimeriez jouer de la musique tous les jours, y prendre du plaisir et avoir dans votre entourage des gens qui vous soutiennent ? Cela vous fait tellement rêver que vous passez du temps à regarder des vidéos sur YouTube d’artistes déjà confirmés, qui vous impressionnent, ou à lire leurs frasques dans les magazines people ? Peut-être avez-vous des amis ou des connaissances qui mènent leur propre vie d’artiste, que ce soit dans la musique, la sculpture ou la peinture et qui en vivent ?

Est-ce que vous vous dites que, pour mener une vie d’artiste, il vous faudrait faire énormément de sacrifices, qu’il vous aurait fallu prendre cette décision quand vous étiez plus jeune ou qu’il vous faudrait énormément de temps, alors que vous avez déjà du mal à faire la moitié des choses que vous aimeriez faire dans la semaine ?

En fait, on a beau rencontrer des artistes qui nous inspirent et lire des tas de magazines qui nous prouvent que des tas de gens ont osé faire le pas de se construire une nouvelle vie, il peut rester en nous des blocages… Même si l’on sait comment faire, il reste une petite voix, dans notre for intérieur, qui nous dit : « Arrête de rêver », « Sois un peu adulte », « Redescends sur Terre » ou « C’est bien beau, vu de l’extérieur, mais la réalité est moins glamour »… Bref, cette petite voix moralisatrice qui nous empêche d’avancer, qui nous empêche ne serait-ce que d’essayer de réaliser nos rêves…

Nous avons tous au fond de nous l’envie qu’on nous apprécie pour ce que nous réalisons. J’ai des amis qui aimeraient mener une vie d’artiste dans le sens où les autres les verraient aussi comme des artistes : ils aimeraient qu’on les regarde comme tels. La vie d’artiste est-elle pour vous un rêve inaccessible ?

Moi-même, qui mène une vie d’artiste à 100%, je rencontre souvent des gens qui aimeraient avancer, qui aimeraient changer leur vie… Pas forcément changer radicalement de vie et partir sur les routes avec leur harmonica en poche, mais tout simplement exercer une activité artistique au quotidien et sentir qu’on les apprécie aussi pour ça. Avez-vous envie, vous aussi, qu’on vous considère comme un(e) artiste ?

Comment faire pour accéder à son rêve d’artiste ?

Ce que je vous propose, c’est de vous donner les 7 habitudes que vous pouvez mettre en place dès maintenant pour mettre l’Art au cœur de votre vie et commencer à mener la vie d’artiste dont vous rêvez. Notez bien que ça ne fonctionnera pour vous que si vous mettez en place ces 7 habitudes : il ne suffit pas de les lire ! Mais la bonne nouvelle, c’est qu’elles sont faciles à mettre en place et qu’elles peuvent être applicables à n’importe qui, quels que soient votre âge et votre vie professionnelle actuelle.

espoirs-et-rêves

Nos espoirs, nos rêves…

Encore une fois, l’idée n’est pas que vous lâchiez tout et que vous repartiez de zéro : il s’agit de 7 actions à mettre en place dans votre vie pour la transformer. Ce sont des habitudes que j’ai mises en place moi-même il y a longtemps, qui m’ont permis de passer du rêve à la réalité. Pour ma part, je suis allé au bout de mon rêve d’artiste : il est bien loin, le temps où j’étais Directeur Technique d’une S.A. d’HLM… Cravaté, costumé, avec mon dossier sous le bras et ma voiture de fonction… Mon rêve était de devenir artiste et sans ces 7 habitudes que je vais vous décrire, j’en serais sans doute encore à rêver de changer de vie… Vous n’êtes pas obligé de faire exactement ce que je fais : peut-être aimez-vous votre métier, la vie avec vos enfants ou votre vie pépère en célibataire endurci, mais si vous m’avez lu jusqu’ici, c’est parce que vous avez le sentiment qu’il manque une corde à votre arc pour vous sentir pleinement épanoui. Et cette corde, c’est le sentiment d’avoir aussi une vie d’artiste… Ce sont vraiment ces 7 habitudes qui vont vous transformer et vous faire passer au niveau supérieur.

Les 7 habitudes à prendre pour mener une vie d’artiste

1- Se faire violence

« Ah, ça commence mal », me direz-vous… « Si c’est pour souffrir encore plus, ce n’est pas la peine »… En fait, il ne s’agit pas de vous faire du mal exprès – vous n’êtes pas masochiste – mais de vous forcer à mener des actions que, d’ordinaire, vous avez peur de faire… Par exemple, décrocher votre téléphone et vous renseigner sur la pratique d’un instrument de musique, en avouant que vous n’y connaissez rien, que vous avez un niveau de solfège au ras des pâquerettes ou que vous n’avez pas du tout l’oreille musicale… Plutôt mal barré, vous qui aimeriez qu’on vous considère comme un musicien…

En fait, si vous avez honte de ce que vous n’êtes pas et des handicaps que vous pensez avoir, c’est souvent parce que vous oubliez que tous les artistes que vous pouvez côtoyer sont eux aussi passés par là : nous avons tous commencé et nous ne sommes pas tous nés avec des capacités artistiques extraordinaires. Pour ma part, quand j’étais gosse, je n’avais pas l’oreille musicale, je chantais faux, je ne savais pas danser… Rien de ce que je faisais ou de ce que j’étais ne pouvait donner à penser que je mènerais aujourd’hui une vie d’artiste.

Tout cela pour que vous compreniez bien que les personnes à qui vous allez vous adresser connaissent bien ce que vous vivez, car elles sont toutes  passées par ces sentiments de gêne et de doute… Mais la différence avec vous – une toute petite différence qui a littéralement transformé leur vie – c’est qu’elles se sont fait violence pour dépasser ce sentiment de gêne et de honte et franchir le premier pas.

Crocodile

Notre point commun avec le crocodile : notre cerveau reptilien !

Retenez bien que nos peurs cachent souvent nos plus grands désirs. En fait, ces peurs sont des réactions primitives : la partie de notre cerveau, que l’on appelle « reptilienne », nous permet d’éviter toutes les situations dangereuses : les reptiliens ne se posent pas de questions sur le sens de la vie ou la course des étoiles ; ils n’ont que trois préoccupations dans leur vie : se nourrir, se reproduire et éviter le danger. Leur cerveau leur permet de réagir au quart de tour quand ils sont en présence d’un danger et leur mémoire leur permet de ne pas s’exposer une fois de plus à un danger de même nature ; ou s’ils sont de nouveau exposés de force à ce même danger, ils peuvent réagir  encore plus vite pour l’éviter. C’est ce qui se produit encore chez nous : si nous avons déjà été confrontés au feu, nous n’allons pas mettre longtemps avant de réagir face à un incendie… Le problème, chez nous, en un sens, c’est que nous avons aussi le néocortex qui, dans le cerveau, est le siège des pensées de toute nature, y compris de la « pensée magique » : c’est-à-dire que l’on peut exagérer une peur face à une situation inconnue et nous infliger des pensées qui nous bloquent dans nos actions. Alors nos pensées envoient ces informations au cerveau reptilien qui les interprètent comme un danger imminent qu’il vaut mieux éviter, en réaction de survie… Et puis, ces pensées transitent également par le cerveau limbique, qui est le siège des émotions et de tout ce que nous ressentons lorsque nous avons peur…

La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons dépasser nos peurs, nous faire violence, pour finalement nous rendre compte que franchir le pas n’était pas si difficile et que ça s’est passé beaucoup mieux que ce que nous craignions.

Prenez l’habitude de vous faire violence une fois par jour. Car c’est en prenant cette habitude quotidienne, qui vous rapproche de votre rêve de vie d’artiste, que vous allez vous trouver sur le bon chemin. Vous allez vous rendre compte, la première fois que vous vous ferez violence, que vous serez submergé par un flot d’émotions qui vous stresse, noue votre estomac ou vous fait trembler… Pour ma part, bien qu’étant déjà musicien et professeur de musique, quand j’ai voulu apprendre à écrire des chansons, j’ai décroché mon téléphone et j’ai appelé Claude Lemesle, un auteur qui a écrit des centaines de tubes pour tout le gratin de la chanson française des années 70 à nos jours (Joe Dassin, Serge Reggiani, Carlos, Julio Iglesias, Michel Fugain, Michel Sardou, Charles Aznavour et des dizaines d’autres) ; pour moi, c’était un Dieu vivant, car il a écrit des milliers de textes pour des chansons qui ont bercé mon enfance… Je rêvais de le rencontrer, de profiter de son expérience et – pourquoi pas, rêve ultime – d’écrire des chansons avec lui… C’est parce que je me suis fait violence un jour qu’aujourd’hui, j’ai écrit des centaines de chansons françaises, dont certaines avec Claude Lemesle lui-même, avec qui j’ai le bonheur de travailler depuis bientôt 5 ans et qui m’a fait rencontrer de nombreux artistes talentueux avec lesquels j’ai également écrit beaucoup de chansons, dont certaines sont interprétées régulièrement sur scène.

Ce n’est pas parce que vous aurez sauté le pas le premier jour et que vous vous serez fait violence, que les autres fois, vous ne ressentirez pas de nouveau ces émotions déstabilisantes, mais au moins, puisque vous l’aurez déjà fait une fois, votre mental sera capable de mieux gérer cette situation inconfortable. Ainsi, plus vous prendrez l’habitude de vous faire violence, plus cette « violence » deviendra minime avec le temps…

En résumé, la toute première chose à faire est de dresser une liste de toutes ces petites actions inconfortables que vous devriez accomplir et d’en réaliser une par jour.

2- Se fier à une seule pédagogie à la fois

Quand on commence à étudier la musique ou la peinture, on est souvent confronté à des difficultés. On est très enthousiaste, au début : vous avez franchi le pas de vous renseigner sur la pratique d’un art qui vous attire depuis longtemps, vous vous êtes inscrit à un cours, vous avez acheté le matériel adéquat, vous êtes prêt à vous lancer… Super ! Vous commencez vos premiers cours et là, vous vous dites : « Aïe, c’est plus dur que ce que j’imaginais… Mais bon, c’est normal, ce n’est que le début, il faut bien que j’apprenne les mouvements. Et puis, ce ne sont jamais que de nouvelles habitudes à prendre. » Mais au fil du temps, vous allez être attiré par d’autres cours, d’autres manières de procéder et vous allez forcément vous demander si vous n’auriez pas dû choisir une autre méthode, un autre professeur ou un autre instrument de musique.

Le doute

Douter, c’est humain. Se laisser envahir par le doute, c’est dommage.

Le doute fait partie de notre vie et c’est ce qui nous permet de ne pas nous lancer à corps perdu dans n’importe quelle action et – encore une fois – de ne pas nous exposer au danger. En fait, nous doutons tous les jours : ne vous êtes-vous jamais retrouvé au supermarché, dans la file d’attente que vous avez choisie pour gagner du temps et vous rendre compte que c’est celle d’à côté qui avance plus vite ? Alors, pris par le doute, vous reculez, vous manœuvrez votre chariot pour prendre place dans l’autre file et trois minutes après, vous vous apercevez que c’est la file que vous venez de quitter qui, finalement, avance plus vite…

Si vous faites pareil quand vous commencez une formation et qu’au moindre doute, vous changez d’avis, vous allez passer votre temps à vous disperser et au final, vous n’arriverez à rien. Je le sais, parce que je suis moi-même passé par là : je suis aujourd’hui pianiste et harmoniciste et je joue encore un peu de flûte irlandaise, mais j’ai passé des années envahi par le doute, à me demander si je n’aurais pas mieux fait de pratiquer un autre instrument ! Alors j’ai acheté un dulcimer des Appalaches, une clarinette, un xaphoon, des ocarinas, un ukulélé, des flûtes de toutes sortes, un didgeridoo, une harpe… Et bien sûr, toutes les méthodes qui vont avec… Au final, j’ai dépensé beaucoup d’argent, mais surtout, j’ai perdu énormément de temps. Car – soit dit en passant – un instrument de musique qui n’a jamais servi – ou si peu – se revend facilement et l’on peut récupérer presque autant d’argent que ce qu’on a dépensé, mais racheter du temps perdu, ça ne s’est jamais vu…

Donc, retenez bien que, face à la difficulté, il ne faut pas baisser les bras et tenter d’aller voir si, ailleurs, l’herbe ne serait pas plus verte : la difficulté fait partie du processus d’apprentissage. La seule chose qu’il faut vous demander, dans une période de doute, c’est si la personne qui vous guide vous inspire confiance.

3- Accepter de ne pas plaire à tout le monde

Lorsqu’on mène une vie d’artiste, on réalise des œuvres qui peuvent ne pas plaire à tout le monde, car tous les goûts sont dans la nature. Là où ça devient gênant, c’est quand ce que nous faisons ne plaît pas à notre entourage proche. Et c’est encore plus vrai quand on débute : j’ai un élève harmoniciste qui se sent obligé d’aller au sous-sol ou dans sa voiture pour répéter ses morceaux d’harmonica, parce que sa femme ne supporte pas de l’entendre se tromper, puis recommencer, puis se tromper à nouveau, puis recommencer encore… Pas facile de se prendre des réflexions désobligeantes…

Public

Votre meilleur public

Moi-même, en tant qu’artiste à temps plein, je constate qu’une grande partie de personnes que je fréquente sont ravies de mon travail, mais qu’une moindre partie (sur les réseaux sociaux, notamment) critique amèrement tout ce que je fais et pas dans des termes très nuancés… Par exemple, en commentaires d’une vidéo que j’avais faite pour reprendre une chanson d’un artiste français dont j’apprécie le travail, les fans de ce même artiste avaient publié un commentaire disant que c’était un ravissement de m’entendre interpréter une de ses chansons à l’harmonica, tandis qu’un autre avait écrit : « Le pauvre doit se retourner dans sa tombe »… Parfois, on vous compare à des artistes très célèbres pour vous rabaisser. Autre exemple dans mon quotidien : je reprends une musique au piano et un quidam vient me dire : « Lang-Lang peut dormir tranquille »… Ces critiques acerbes qui ont pour but de vous dénigrer sont généralement l’œuvre de jaloux : quand vous exercez un art auxquels ils s’adonnent eux aussi et qu’ils ont le sentiment que vous réussissez mieux qu’eux, vous leur renvoyez une image d’eux-mêmes, un peu comme un miroir qui, pour une fois, ne les embellit pas mais les met face à leur propre réalité : ils ne sont pas aussi beaux qu’ils voudraient le croire. Et cela, ils ne le supportent pas… Rendez-vous compte qu’un autre professeur d’harmonica m’a même menacé de mort sur un forum parce que je réussissais mieux ma vie que lui !

Dites-vous bien que vous n’y êtes pour rien : les gens qui vous critiquent dans le seul but de vous faire du mal ont un problème avec eux-mêmes. Personnellement, je les plains, mais je préfère les ignorer, plutôt qu’entrer dans leur jeu. Vous, vous avez progressé alors qu’eux n’ont pas bougé ou n’ont pas fait ce qu’il fallait pour changer. S’ils vous demandaient conseil gentiment, vous seriez prêt à les aider, mais puisqu’ils vous menacent et passent leur temps à vous dire du mal – bien souvent dans votre dos – ignorez-les et concentrez-vous sur ce que vous aimez faire : vous rencontrerez forcément votre public, un jour ou l’autre.

Parfois aussi – et heureusement – les critiques sont constructives : si ce que vous faites ne plaît pas à une personne qui vous respecte, parce que vous jouez faux ou que les couleurs que vous avez choisies pour réaliser votre tableau sont choquantes, prenez cette critique comme une preuve d’amour et essayez de voir comment vous pourriez vous améliorer ; au besoin, parlez-en à votre mentor, s’il ne vous en a déjà pas parlé lui-même.

4- Se nourrir des œuvres des autres

Là, je ne parle pas de passer du temps à lire des magazines people, mais de vraiment vous intéresser aux œuvres des artistes que vous appréciez et même des œuvres d’artistes que vous ne connaissez pas encore. Car prendre des cours, suivre une formation, ce n’est pas suffisant si vous n’avez pas d’idée, si vous n’avez rien à raconter… L’inspiration, ce n’est pas la manifestation d’une lueur divine qui vient vous frapper un beau matin, mais de votre habitude à engranger des idées, à ouvrir vos yeux et vos oreilles et de vous nourrir de ce que font les autres. C’est comme apprendre une nouvelle langue : si vous vous contentez d’apprendre par cœur les règles de grammaire mais que vous n’avez aucun vocabulaire, vous ne saurez jamais parler cette langue ou en tout cas, vous ne participerez jamais à aucune conversation.

harmoniciste inspiré

Un harmoniciste inspiré…

Que faire et qu’est-ce que j’entends par « se nourrir des œuvres des autres » ? Par exemple, si vous voulez apprendre à jouer de l’harmonica blues, empruntez ou achetez des CD d’artistes de blues que vous aimez, choisissez des morceaux qui vous font vibrer et écoutez-les vraiment : ne vous contentez pas de les passer en musique de fond quand vous faites la vaisselle, mais appréciez-les avec une écoute active, en vous demandant pourquoi cette musique vous fait autant vibrer. Quel instrument utilise-t-il ? Quels effets joue-t-il ? Quelles notes joue-t-il ?

Vous pouvez aussi acheter des enregistrements et lire les partitions réalisées à partir de ces enregistrements. Par exemple, quand Paul McCartney sort un nouvel album, j’achète aussi la partition de cet album pour piano, ce qui fait que je peux suivre avec les yeux ce que j’entends : cela me permet d’analyser encore mieux ce que j’entends et de pouvoir comprendre pourquoi j’aime autant ce que j’écoute. Ainsi, cela m’inspire parfois de nouvelles compositions, ou alors je note des phrases que j’apprends à jouer (au piano ou à l’harmonica) et que je replace dans mes improvisations. Parfois, je les joue, je les retiens, puis je les oublie… Mais quelque part, ces phrases restent dans un coin de mon cerveau et je sais que je les ressortirai à un moment ou à un autre, sous une forme ou sous une autre, comme un vieux souvenir qui, d’un seul coup, ressurgit.

Et ce que vous pouvez faire aussi – c’est également très agréable –  c’est d’écouter des musiques que vous ne connaissez pas du tout ! Je m’amuse, chaque semaine, à emprunter un CD à la médiathèque municipale, complètement au hasard, ce qui me permet d’ouvrir mes oreilles sur une musique toute nouvelle.

C’est cet enrichissement perpétuel qui fait de nous de véritables artistes…

5- Dépasser notre habitude de tout remettre au lendemain

S’il y a bien une mauvaise habitude à perdre, c’est celle de toujours temporiser : la procrastination est peut-être bien le fléau de notre siècle ! Nous sommes tellement tentés par mille et une choses que les tâches importantes, tellement moins agréables a priori que toutes ces nouvelles choses qu’on nous propose de faire et qui nous font rêver, nous paraissent tellement agréables qu’on en vient à remettre nos corvées au lendemain… Pour finalement se retrouver encore perdu, à se rendre compte qu’on n’a toujours pas avancé et de se sentir encore plus honteux de n’avoir pas fait ce que nous nous étions promis de faire… Bien souvent, on s’invente des excuses, la plus courante étant : « J’aimerais bien, mais en ce moment, je n’ai pas le temps »…

Procrastination

Ne pas se laisser déborder !

J’en sais quelque chose, car j’ai moi-même eu un très gros problème de procrastination : je suis allé jusqu’à acheter des méthodes pour en sortir et j’ai rencontré des spécialistes en la matière qui en étaient passés par là eux aussi. En fait, je me suis rendu compte que, dès qu’une tâche est à faire et qu’on la fait aussitôt, elle disparaît de notre esprit, ce qui laisse de la place à d’autres réalisations qui nous font avancer. Alors que, lorsque l’on reste avec une ou plusieurs tâches à accomplir et que nous passons notre temps à les remettre au lendemain, nous le vivons mal car nous ne cessons d’y penser, avec son flot de sentiments négatifs et de remises en question de nous-même, avec la honte qui nous envahit de ne pas avoir trouvé le courage d’agir…

Vous avez quelque chose d’important à faire ? Faites-le aussitôt, tout de suite ! Et si cette tâche demande vraiment beaucoup de temps à réaliser, divisez-la en sous-tâches et faites-en une par jour. Lorsque j’ai entrepris d’acheter un appartement et de le remettre à neuf, alors que je n’y connaissais rien en bricolage, la somme de travail m’a paru énorme et j’avais du mal à avancer… Alors, sur les conseils d’une spécialiste, j’ai divisé chaque tâche importante en sous-tâches et j’ai écrit la liste de toutes les étapes que je devais passer pour aller au bout. Et j’en faisais une à trois par jour. Non seulement j’avais franchi le premier pas, mais voir que mes sous-tâches étaient barrées d’un trait rouge au fur et à mesure de leur réalisation, cela me faisait beaucoup de bien et me motivait à avancer. D’ailleurs, une fois que l’on a commencé à réaliser une tâche, notre cerveau nous pousse à l’achever, car il n’aime pas commencer quelque chose et ne jamais le finir. Le plus dur, c’est toujours de poser la première pierre ; il est toujours plus facile de poursuivre une tâche que de la débuter. Raison de plus pour dépasser notre habitude de tout remettre au lendemain.

6- S’organiser par la simplicité volontaire

« Choisir, c’est renoncer », disait André Gide.

Établir des listes de tâches, c’est bien, mais si vous le faites pour tout ce que vous avez à faire dans votre vie – et je vous engage à le faire – il vous faudra bien vous organiser, parce que, bien évidemment, vous n’allez pas pouvoir tout faire à la fois. Et pour avoir le temps de tout faire, il faut commencer par faire le vide autour de vous. Vous rêvez de mener une vie d’artiste ? Bien : suivez ces 5 étapes.

6-1 La liste de vos 10 rêves d’artiste

Dressez la liste des 10 arts dans lesquels vous aimeriez vous exprimez et pensez-y toute la semaine. Par exemple, vous établissez votre liste des 10 rêves d’artiste le lundi et le dimanche, vous prenez votre décision : « Je veux être harmoniciste » ou « Je veux être peintre ».

6-2 La liste de l’indispensable

Votre future bête de course

Un seul harmonica pour tout jouer : un bel exemple de simplicité volontaire

A présent, dressez la liste de tout ce dont vous avez besoin pour prendre un bon départ. Par exemple, acheter un bel harmonica et vous inscrire à une formation ou acheter un ensemble depinceaux, une palette, un chevalet, une toile blanche… Et inscrivez-vous à votre association de quartier pour apprendre à réaliser des aquarelles. N’achetez pas forcément tout, tout de suite : si vous rêvez de jouer de l’harmonica jazz, n’achetez pas des centaines de partitions, des dizaines de CD, 5 micros et 3 amplis pour le jour où vous ferez de la scène, plus une table de mixage pour vos futurs enregistrements ! Faites les choses dans l’ordre : commencez par acheter ce dont vous avez vraiment besoin aujourd’hui pour démarrer votre activité et n’hésitez pas à investir dans du bon matériel, mais sans acheter de matériel superflu.

6-3 La liste du superflu

Cette étape est très importante, pour ne pas vous sentir attiré par d’autres activités qui vous détourneraient de votre activité principale. Quand on est entouré de dizaines de livres, de méthodes et de partitions qui nous détournent du cap que l’on s’est fixé (par exemple, apprendre le jazz), on a toujours l’impression que l’on n’arrivera jamais au bout de nos projets. Pour le moment : contentez-vous de dresser la liste de tout ce qui détourne de l’activité que vous avez choisie.

6-4 Faites le vide

Il est temps maintenant de vous séparer du superflu : une tâche difficile à mener, quand on s’est attaché à tous ces objets que nous avons l’habitude de voir, de tous ces livres que nous aimons ouvrir et qui nous font rêver… Un rêve à la fois, s’il vous plaît ! Alors, plutôt que de les jeter ou de les brûler, revendez-les, donnez-les, faites-en cadeau à vos amis, aux membres de votre famille… Vous aurez réalisé une bonne action dont vous vous sentirez fier et vous aurez peut-être permis à d’autres personnes de se réaliser dans un art qu’elle pensait inaccessible.

Et croyez-moi – pour l’avoir fait moi-même, qui étais un incorrigible conservateur – quand on s’est débarrassé de ce qui nous encombre, le vide que ces objets laisse nous fait beaucoup de bien car alors, on peut se concentrer sur un seul projet à la fois.

6-5 La simplicité volontaire

La dernière étape est à réaliser quotidiennement ; elle prolonge l’étape 4 dans le sens où vous vous concentrez de plus en plus sur l’essentiel. C’est une étape à laquelle je me consacre chaque jour pendant 30 minutes, mais vous pouvez tout aussi bien faire cela 10 ou 15 minutes par jour. Ce n’est pas beaucoup, mais la démarche quotidienne est comme un jeu.

Vaisselle et évier

La corvée de vaisselle peut être réduite au minimum…

L’idée est d’ouvrir un tiroir ou d’accéder à une étagère et de vous demander si tout ce que ce tiroir ou cette étagère contient est vraiment indispensable. Par exemple, vous avez un tiroir où vous rangez vos couverts et vous vous apercevez que vous avez 12 fourchettes. Pourqoi 12 ? Vous vivez seul, vous recevez de temps en temps un couple d’amis… Pourquoi 12 ? A quel moment allez-vous utiliser 12 fourchettes ? Au mieux, si vous organisez une fête chez vous, que vous faites la cuisine pour tout le monde et que votre salle à manger ne peut réunir que 6 personnes grand maximum, vous aurez besoin de 6 fourchettes, jamais plus. Alors, gardez les plus belles et séparez-vous des 6 autres. Ou alors, achetez-en 6 nouvelles – mais vraiment très belles – et offrez ces 12 autres fourchettes qui ne paient pas de mine et encombrent votre intérieur.

Personnellement, je fais cela tous les jours, pas seulement avec mes fourchettes, mais avec tout ce que je possède : livres, vêtements, bibelots… J’en tire à chaque fois la même satisfaction de voir que je parviens à faire de la place autour de moi et que je peux me concentrer sur ce que j’aime, à l’exception de tout ce qui m’embarrassait autrefois, qui me passait souvent dans les mains, alors que je n’en faisais rien…

Pour rependre l’exemple de la vaisselle – un thème que je connais bien, pour avoir collectionné des services complets que je ne sortais jamais – si vous avez 24 assiettes et que vous avez juste besoin d’une assiette et une seule pour déjeuner, qu’êtes-vous tenté de faire ? Vous sortez une assiette le lundi pour votre déjeuner, une autre le soir pour dîner ; le mardi, rebelote ; le mercredi, même chose… A la fin de la semaine, vous avez une montagne de vaisselle qui vous décourage… Alors, vous faites quoi ? Vous achetez un lave-vaisselle qui va vous encombrer encore plus ? Alors que si vous n’aviez qu’une seule assiette – mais une très belle assiette – vous la laveriez aussitôt après votre repas, elle ne vous encombrerait pas et vous permettrait de pouvoir vous concentrer sur des choses plus intéressantes que sur cette montagne de vaisselle dans l’évier à laquelle vous ne pensez jamais venir à bout et qui vous fait honte…

La simplicité volontaire est un merveilleux état d’esprit que vous pouvez appliquer partout dans votre vie, y compris dans votre entourage, où vous pouvez éliminer les relations qui ne vous apportent que du mal-être…

7- Se mettre en danger

Quand on cherche à mener une vie d’artiste, un jour ou l’autre – inévitablement – on se retrouve confronté à son public. Si vous souhaitez apprendre à jouer d’un instrument de musique, mais que vous n’avez pas envie de partir sur les routes, juste de jouer un morceau lors d’un repas de famille ou au mariage de votre sœur, les personnes qui vous écouteront constitueront votre public. Pas facile au début, de se confronter à son public : on a souvent le trac, parce que l’on a peur d’être mal jugé, que l’on n’apprécie pas notre travail à sa juste valeur…

Pour vous habituer à ce danger, provoquez-le : mettez-vous en scène le plus souvent possible ! Dites haut et fort que vous êtes devenu harmoniciste, pianiste ou aquarelliste et habituez-vous à vous adresser à votre public. C’est un peu l’épreuve du feu au début, mais vous serez souvent étonné des bonnes réactions de votre public.

fierté

La fierté, moteur du développement personnel

Autrefois, j’avais du mal à me mettre en avant et à dire que j’étais harmoniciste. Un jour, alors que j’étais au service militaire et que je sortais mon harmonica pendant les rares moments de pause, un ami m’a dit : « Si tu n’es pas fier de ton instrument, ce n’est pas la peine d’en jouer ». Je me suis rendu compte qu’il avait raison : il est tout à fait normal de se sentir fier de son instrument, quel que soit son niveau de jeu. Alors, plutôt que continuer de me cacher, j’ai commencé à dire que j’étais harmoniciste – ce qui était la vérité, mais j’avais peur de me mettre en danger – je ne disais pas à l’époque que j’étais musicien professionnel, puisque ce n’était pas encore le cas, mais je me sentais bien de dire qui j’étais vraiment.

Alors j’ai commencé à me balader partout avec mon harmonica en poche et à le sortir en toutes occasions…

Si vous faites de même, vous vous rendrez compte que, bientôt, ce sont les autres qui vous réclameront de leur jouer un morceau… Et là, la fierté que vous ressentirez et le bonheur que vous allez partager vous feront penser que vous avez drôlement bien fait d’aller au bout de votre rêve d’artiste

La fiche « passage à l’action »

Pour vous remercier d’avoir lu ce long article jusqu’au bout, j’ai décidé de vous offrir une fiche que j’ai préparée pour vous, qui reprend les 7 étapes que nous venons de voir. Ce que vous allez télécharger, c’est un document au format pdf : cette fiche reprend la liste des 7 actions à mener pour aller au bout de votre rêve de vie d’artiste.

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Connaissez-vous des gens qui sont dans le même cas que vous, qui rêvent de mener une vie d’artiste au quotidien, mais qui ne savent pas par quel bout prendre les choses et qui ont peur de se lancer ? Faites-leur un cadeau : tout simplement, partagez cet article sur les réseaux sociaux (vous trouverez les boutons de partage en base de cet article).

Merci pour eux !

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