La musique de l’Eglise primitive

Histoire de la Musique : quatrième épisode…

Savez-vous que la musique chrétienne des trois premiers siècles de notre ère a été interdite ? Le culte religieux lui-même ne pouvait se faire au grand jour ! Il était ainsi pratiqué dans des sectes qui, bien sûr, se transmettaient les chants religieux par voie orale, car les adhérents auraient eu peur d’être démasqués. C’est l’édit de Milan, en 313, qui a sorti l’Eglise chrétienne des bas-fonds dans lesquels elle était pratiquée. Grâce à cet édit, nous avons pu conserver sur papier quelques chants religieux.

Les instruments bannis du culte religieux

kithara

La kithara était un instrument populaire, dans les premiers siècles de notre ère.

La musique sacrée a été considérée comme nécessaire, pendant le culte religieux, car on avait remarqué qu’elle permettait d’élever les âmes. De plus, c’était un bon moyen de faire apprendre les textes religieux : en effet, chanter les syllabes du texte, cela permet de mieux les retenir ; certaines syllabes étaient chantées sur plusieurs notes ; d’autres, moins importantes, étaient chantées sur une seule note.

Les instruments de musique, quant à eux, étant utilisés dans la musique païenne, étaient bannis du service religieux : les musiciens les utilisant principalement pour accompagner les danses, on imaginait que les fidèles auraient les oreilles détournées du texte ; or c’est le sens du texte qui primait sur la musicalité, il ne fallait donc pas détourner l’attention.

Cependant, les instruments de cette époque servaient aussi à accompagner les chants, y compris les chants religieux, comme les hymnes. Nous en voyons deux dans ce cours, que nous apprenons à jouer à l’harmonica. L’un des instruments des trois premiers siècles était un cordophone, que l’on appelait la kithara. 

cithare

La cithare dérive de la kithara, qui lui a donné son nom.

 

La  kithara est en fait une lyre grecque. La partie située à sa base est une caisse de résonance. Les cordes étaient à l’origine au nombre de trois, soit une corde de moins que la phorminx, que nous avons découvert dans l’épisode précédent. Avec l’enrichissement des mélodies, le nombre de cordes a augmenté, jusqu’à en contenir douze, comme les douze demi-tons de la gamme chromatique. Les cordes étaient généralement jouées avec un plectre (que l’on nomme médiator en guitare). L’instrument était tenu droit ou incliné vers l’instrumentiste, son poids alors soutenu par une sangle qui passait sur l’épaule ou renforçait le poignet.

Le terme kithara a donné entre autres deux autres noms d’instrument : la cithare, qui contient souvent beaucoup plus de cordes (il existe de nombreux modèles de cithare, dans plusieurs pays du Monde, notamment dans les pays de l’Europe de l’Est où sa pratique est encore très populaire) et – plus connu en Occident – la guitare, dont les cordes sont soit en acier, soit en nylon.

 

Photographie de la kithara : https://www.pinterest.fr/pin/101331060341425100/

Photographie de la cithare : http://www.cithare.com/

Les chorales antiphoniques et responsoriales

La musique, telle que nous la connaissons, a servi de base au développement, entre le IIIème et le VIème siècles après Jésus-Christ, du chant choral. A l’origine composé d’une seule voix, le chœur se dédouble pour être interprété par deux voix. On distingue alors manières d’organiser ces deux voix : l’antiphonie et la responsorie.

L’antiphonie

Le terme antiphonie résulte  de l’assemblage du préfixe anti- et du mot grec phonie, qui vient de phonos, le son ; l’anti-phonos, c’est un son émis contre un autre son : c’est-à-dire en même temps que lui, comme si l’un était posé contre l’autre. Le début, en quelque sorte, de nos accords, où l’on joue plusieurs sons en même temps.

La responsorie

Dans responsorie, on reconnaît le mot français réponse. La responsorie est l’art de faire chanter une moitié de chœur en réponse à l’autre moitié : il ne s’agit plus ici de faire chanter les deux demi-chœurs en même temps, mais l’un en réponse de l’autre. C’est une pratique que l’on retrouvera beaucoup plus tard, lorsque les field hollers, dans les champs de coton, aux Etats-Unis d’Amérique, entameront une phrase chantée, reprise à l’autre bout du champ par d’autres esclaves.

La dialectique question-réponse est à la base de notre musique actuelle : une phrase constitue la question, c’est l’antécédent ; la phrase qui vient en réponse est appelée conséquent.

La pratique responsoriale a permis de développer des chants religieux qui, peu à peu, ont pris une forme que nous connaissons bien aujourd’hui : la forme chanson. Lorsque le public assiste à l’interprétation d’une chanson qu’il connaît par cœur, bien souvent, l’artiste sur scène interprète seul les couplets et la foule venue l’applaudir reprend les refrains en chœur. Plus simples que les couplets et bien souvent répétés à l’identique, les refrains ont vocation à être repris par la foule. Cela se pratiquait déjà dans les premiers siècles de notre ère : une partie du chœur interprétait un couplet, le chœur entier chantait alors le refrain.

Jouons deux hymnes à l’harmonica

Les partitions ont été transcrites avec notre système de notation actuel, pour qu’elles soient facilement jouables à l’harmonica. Dans la vidéo, je ne me contente pas de jouer ces deux hymnes, mais je vous explique également comment je les travaille, pour répondre à la question de Jean-Jacques qui, bien qu’ayant à présent un bon niveau technique (il suit la Formation Complète depuis plus de 6 mois) a encore du mal à bien jouer en rythme et ce, au tempo imposé par la piste d’accompagnement des morceaux de la formation.

L’objectif de l’Agora n’est pas de faire de la théorie par plaisir de faire de la théorie, mais de vous permettre de progresser. Profitez du cours offert, enseigné dans la vidéo, pour découvrir la méthode qui va vous permettre de gagner un temps considérable dans l’apprentissage de vos morceaux, sans prendre le risque de jouer à côté des notes ou des rythmes, parce que ça va trop vite :

La musique de l'Eglise primitive à l'harmonica !

Téléchargez les partitions des hymnes du cours

Indiquez vos coordonnées dans le formulaire ci-dessous et cliquez sur le bouton pour télécharger aussitôt la partition et la tablature des deux hymnes :

 

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