plan harmonica blues 002

Voici le plan harmonica blues 002. Ainsi que je l’ai fait pour le plan harmonica blues 001, j’analyse le plan pour que tu puisses le jouer de mémoire et que tu puisses aussi t’en servir pour développer un solo : en suivant mes conseils, tu vas pouvoir le retenir une bonne fois pour toutes et t’en servir comme tremplin vers tes prochaines improvisations.

Mais c’est deux fois la même phrase ! Non, pas tout à fait. Du coup, tu vas pouvoir jouer des effets différents.

Grille du plan harmonica blues 002

La grille sur laquelle ce plan est jouée est la même que pour le plan précédent :

G7 G7 G7 G7

C7 C7 G7 G7

D7 C7 G7 D7

En écoutant les démonstrations de ton cadeau, tu te rendras compte que la grille n’est pas jouée qu’une seule fois (ce serait un peu court pour développer un solo) mais 3 fois. La dernière fois, les instrumentistes accompagnateurs jouent un G7 (à la place de D7) : il est normal que le morceau finisse sur l’accord de tonique, plutôt que sur l’accord de dominante.

Gamme utilisée dans le plan harmonica blues 002

Une gamme ? Quelle gamme ?

En effet, ce que nous utilisons ici n’est pas une gamme mais simplement les notes de l’accord de G7. Cela ne peut bien sonner !

L’accord de G7 (prononcer « sol 7 ») est constitué d’un accord de G et d’une 7ème mineure.

L’accord de G, c’est en fait l’accord de sol majeur :

G = sol-si-ré

La 7ème mineure est à 5 tons de la fondamentale de l’accord :

sol + 5 tons = fa

Finalement :

G7 = G+7 = sol-si-ré+fa = sol-si-ré-fa

Analyse mélodique du plan harmonica blues 002

Tu remarqueras que l’on n’utilise pas systématiquement toutes les notes de l’accord de G7  dans le plan 002 :

  • la première phrase ne contient pas la note si ;
  • la seconde phrase contient bien toutes les notes de l’accord.

Les effets que tu peux utiliser dans le plan harmonica blues 002

Comme nous l’avons fait pour le plan 001, dès que tu repères une note au moins aussi longue qu’une noire pointée, tu peux jouer un vibrato, comme le si caractéristique vibrato de gorge, que l’on appelle également communément le « laughing-ha ».

Dans la première mesure, le 2 aspiré est une noire pointée ; le vibrato est donc tout à fait indiqué ici.

Dans la seconde mesure, le 2 aspiré est carrément une ronde ! Tu as vraiment le temps de vibrer, du coup.

Les notes aspirées sont très pratiques pour ajouter un effet bluesy que tout le monde apprécie tout particulièrement : le dip-bend

L’idée n’est pas de truffer le plan de dip-bends, mais d’en jouer un de temps en temps, pour souligner la mélodie et lui donner de la tension.

Car donner de la tension crée de l’attention.

Les tensions du blues

Il me paraît important d’évoquer les tensions caractéristiques du blues. Mais avant cela, disons quelques mots sur la notion de « tension / résolution ».

« Tension / Détente » ou « Tension / Résolution »

En musique comme dans la vie courante, la tension donne du mouvement, de l’ampleur, de l’intérêt. Imagine une personne qui tiendrait un discours monocorde, sans aucune nuance dans la voix… Je suis persuadé que l’ensemble de son auditoire s’endormirait bien avant la fin de son allocution.

De la même façon, si nous jouons des mélodies bien écrites a priori mais sans aucune nuance, l’auditoire va les trouver fades et sans intérêt. Jouer fort quelques notes, alors que les autres sont beaucoup plus douces, voilà qui ajoute de la tension. Comme lorsqu’un orateur hausse ou baisse la voix, au fur et à mesure qu’il prononce des mots, plus ou moins importants.

Maintenant, imagine que ce même orateur se mette à parler tout le temps fort : cela produirait le même effet que lorsqu’il ne mettait aucune nuance dans sa voix. Pour que la force des mots soient mis en relief, il faut que les autres mots qui précèdent et suivent ces mots sur lesquels on veut insister soient prononcés plus doucement. Sinon, la tension trop forte finit par fatiguer.

Prenons une autre image : l’élastique.

A trop tirer sur la corde…

Si cet homme ne relâche pas la tension, ça va faire mal…

Prends un élastique et étire-le de plus en plus : pour cela, tu es obligé d’y mettre de la force.

Si tu l’étires au-delà de la tension qu’il peut supporter (il faut vraiment tirer très fort) il va irrémédiablement casser.

Mais si tu tires très fort, sans qu’il se rompe et que tu maintiens la tension, gare à ce que tes doigts ne glissent pas : tu imagines la suite… Le mieux est de relâcher la tension.

En musique, il faut procéder de la même façon : si l’on commence à mettre de la tension, il faut bien la relâcher.

En musique baroque, en musique classique, dès qu’une note jouée est tendue, on joue une note à sa suite qui amène de la détente. On appelle cette manière de composer la musique « tension / résolution ».

Or le blues, à la base, est censé exprimer la souffrance, le mal-être. En pareil cas, il n’est pas incongru de rester plusieurs notes sur une tension forte, quitte à ne jamais la lâcher complètement. C’est déjà ce qui se produit avec les accords du blues qui contiennent tous un triton (intervalle tendu de 3 tons entre la 3ce et la 7ème). En baroque ou en classique, après un accord de 7ème, on trouve généralement un accord de 3 sons (majeur ou mineur) qui amène la résolution de la tension engendrée par l’accord précédent. Pas en blues : la tension est sous-jacente tout au long de la grille. Il est donc intéressant d’ajouter encore un peu de tension (ou beaucoup de tension) en plus des accords.

Ajouter de la tension

Qu’est-ce qui fait qu’une mélodie sonne blues ?

Une mélodie peut sonner blues si elle contient des blue notes, comme la 7ème dont nous avons déjà parlé plus haut.

Mais sans tension, une telle phrase risque de passer à côté de son effet. La notion de tension est tellement importante en blues que l’harmoniciste, guitariste, chanteur et compositeur irlandais Don Baker considère qu’à tout prendre, ce n’est pas tellement la note qui est jouée qui est importante, mais le sentiment que l’on exprime à travers cette note.

Aussi, une mélodie aussi simpliste que celles que nous avons dans notre plan harmonica blues 002, qui ne contient que les notes de l’accord, ne peut réellement sonner blues que si elle reçoit des tensions qui la mettent en valeur.

Jouer blues, c’est exprimer sa souffrance ?

Un bon conseil pour bien jouer blues, c’est de puiser en soi ce qui nous fait souffrir ou d’imaginer ce que nous dirions si nous souffrions. Tu peux même ajouter des paroles à cette mélodie, si ça peut t’aider à trouver quelles notes pourraient être exprimées avec véhémence. Cependant, il y a tout de même quelques repères que tu peux prendre pour savoir quelles notes tu peux mettre en valeur.

Cela dit, on ne fait pas que souffrir, quand on joue du blues, on s’amuse aussi (encore heureux). Mais ce peut être un bon départ pour mieux t’exprimer au travers de cette musique (ce conseil est valable pour ce plan, mais aussi pour tous les autres plans que nous allons être amenés à jouer ensemble).

Comment développer un solo d’après le plan harmonica blues 002 ?

Le plan harmonica blues 002 tient sur 3 mesures ; ensuite vient une mesure de silence. Que faire ensuite ? Que jouer sur les accords suivants ?

3 idées pour poursuivre la grille

  1. Continue de jouer sur les notes des accordsPuisque le plan harmonica blues 002 est construit sur les notes de l’accord de G7, pourquoi ne pas poursuivre ? A toi d’inventer des phrases qui reprennent les notes des accords. C’est une technique que l’on utilise souvent et pas qu’en blues : c’est très courant en jazz également.Voici la composition des autres accords : C7 = do-mi-sol-sib & D7 = ré-fa#-la-do.
  2. Adapte les mélodies sur les notes des accordsSi tu rejoues le plan à l’identique sur C7, la note fa bécarre va être très tendue (ce peut être un choix personnel) et la note si va sonner bizarrement, en conflit avec le sib de l’accord de C7. Ainsi, tu peux modifier ces notes pour les adapter à C7. Par exemple, tu remplaces fa bécarre par mi et ré par do (encore que ré passe très bien sur C7, fais l’essai pour vérifier cela). Et tu remplaces si par sib si tu sais le jouer. Sinon, tu peux modifier un peu plus la seconde phrase en jouant un mi en lieu et place de si. Cela donnerait : sol sol mi do sol / sol mi do sib sol avec l’altération en 3 ou sol sol mi do sol / sol mi do mi sol sans altération.
  3. Dépasse l’utilisation stricte des notes des accords

    Pour utiliser cette 3ème idée, il faut déjà connaître du vocabulaire blues. A force de jouer des plans, tu vas te constituer un vrai répertoire, dans lequel tu pourras puiser à loisir. Mais c’est bon également – et tellement plus plaisant – d’apprendre à jouer des standards du blues. Grâce au Clan des Bluesmen, tu peux apprendre à jouer un morceau chaque mois. Les cours complets te permettent d’apprendre à jouer ces morceaux, de les interpréter et d’improviser. C’est le meilleur raccourci que je connaisse pour se faire rapidement plaisir à jouer blues.

Télécharge ton cadeau !

Dans la vidéo, j’annonce la composition de ton cadeau :

  • la partition du plan harmonica blues 002 ;
  • la tablature harmonica de ce plan (notée sous la partition) ;
  • la démonstration en mp3 ;
  • 6 pistes d’accompagnement en mp3 pour rejouer le plan dans toutes les tonalités (pas les 12 tonalités, mais les 6 qui sont vraiment utiles en blues).

Au final…

Voici ce que contient ton cadeau (entièrement offert) :

  • la partition en clé de sol ;
  • la tablature écrite sous la partition ;
  • la démonstration du plan harmonica blues 002 sur l’accompagnement du blues en fa ;
  • les pistes d’accompagnement du blues en fa, en sol, en la, en do, en ré et en mi.

About the Author:

>
7 Partages
Partagez7
Tweetez
Enregistrer