Combien de notes dans mon harmonica ?

Facile : 10 x 2 = 20 notes, n’est-ce pas ? Non ! Non ? Non : il y en a beaucoup plus !

L’harmonica diatonique, comme le dit très justement Jean-Jacques Milteau, est le seul instrument dans lequel on respire. En effet, quand on souffle dans une ouverture de l’harmonica, on obtient une note et quand on aspire dans cette même ouverture, on obtient une autre note. Mais ce n’est pas tout…

Trois octaves presque complètes

Sur seulement dix ouvertures, vous avez la possibilité de jouer la gamme de do majeur (do ré mi fa sol la si do) dans les trois registres :

  • grave ;
  • médium ;
  • aigu.

Autrement dit, trois fois la gamme de do majeur ! Malheureusement, à l’origine, la gamme n’était complète que dans le registre médium. Dans le registre grave, il manquait 2 notes (fa et la) et dans l’aigu, une note (si). Mais vu qu’il y a 7 notes dans une gamme majeure, nous voilà tout de même avec :

7 x 3 – 2 – 1 = 21 – 2 – 1 = 18 notes.

En comptant le do suraigu, c’est-à-dire le dernier do de la gamme de do majeur joué dans les aigus (do ré mi fa sol la si do), nous en sommes déjà à 19 notes.

Le génie des esclaves noirs

Au XIXème siècle, l’harmonica diatonique étaient perçu comme un instrument limité : pour jouer une mélodie dans le grave ou dans l’aigu, on était gêné de ne pouvoir jouer les notes manquantes… C’était sans compter sur le génie des premiers bluesmen, ces esclaves noirs que les Américains blancs méprisaient et utilisaient comme nous utilisons aujourd’hui nos machines, pour faire le sale boulot… Grâce à leur inventivité, sans rien changer de l’harmonica, en conservant le modèle d’harmonica d’origine, l’harmonica produisait enfin les notes manquantes :

  • fa en 2 ;
  • la en 3 ;
  • si en 10.

Mais comment jouer ces trois notes supplémentaires, vu que nous avons déjà deux notes par ouverture ? D’où vient la troisième ? Le secret est l’altération.

Altérer les notes

Par une technique consistant à placer la langue différemment à l’intérieur de la bouche, on obtient les trois notes manquantes, ce qui porte le nombre total de notes à :

19 + 3 = 22 notes.

Mais ce n’est pas tout : cette même technique d’altération permet d’obtenir de nombreuses autres notes !

Les dièses et les bémols

Avec la gamme de do majeur sur toute l’étendue de l’instrument, vous pouvez jouer en do. Bien. Mais que se passe-t-il si le morceau passe brusquement en sol ou en fa ? Le réflexe est de changer d’harmonica pour jouer dans une autre tonalité. Effet scénique garanti, Jean-Jacques Milteau s’en est beaucoup servi. Mais pas très pratique si l’on a juste une note diésée ou bémolisée dans un morceau, une simple ornementation tout en restant dans la même tonalité…

La bonne nouvelle est que cette même technique d’altération permet d’obtenir en fait d’autres notes, ces fameuses notes marquées d’un dièse ou d’un bémol et donc d’enrichir considérablement l’harmonica.

En effet, en altérant, on obtient les notes suivantes :

  • do # ou ré b en 1 ;
  • fa # ou sol b en 2 ;
  • sol # ou la b en 3 ;
  • la # ou si b en 3 ;
  • do # ou ré b en 4 ;
  • sol # ou la b en 6 ;
  • ré # ou mi b en 8 ;
  • fa # ou sol b en 9 ;
  • la # ou si b en 10.

Soit 9 nouvelles notes !

Donc, au total :

22 + 9 = 31 notes.

Vous savez quoi ? Ce n’est pas tout ! Quoi, encore ? Eh oui ! Howard Levy, un autre génie de l’harmonica, a découvert une technique permettant d’obtenir au final toutes les notes de la gamme chromatique. Cette technique, mise au point dans les années 70, s’appelle jouer des overnotes : overblows en soufflant, overdraws en aspirant. Grâce à cette technique révolutionnaire, on peut encore jouer ces notes :

  • ré # ou mi b en 1 ;
  • ré # ou mi b en 4 ;
  • fa # ou sol b en 5 ;
  • la # ou si b en 6 ;
  • do # ou ré b en 7 ;
  • fa # ou sol b en 9 ;
  • do # ou ré b en 10.

Eh oui : encore 7 notes, autant que dans la gamme de do majeur !

Au total :

31 + 7 = 38 notes.

L’harmonica, un instrument en constante évolution

Les inventeurs de l’harmonica étaient très loin de se douter de ce qu’on allait pouvoir sortir un jour de leur instrument ! Il semble illimité tellement on a découvert de techniques de jeu… Quant aux notes, d’autres sont encore possibles, grâce à la technique découverte par Sébastien Charlier, un autre génie de l’harmonica, qu’il appelle doubles et triples overnotes. Cette technique toute nouvelle permet de faire de nombreuses choses. Tout d’abord, elle enrichit encore le nombre de notes que l’instrument peut sortir :

  • ré en 10 (double overdraw) ;
  • ré # ou mi b en 10 (triple overdraw).

Soit, au total :

38 + 2 = 40 notes

Rendez-vous compte : 40 notes sur 10 ouvertures seulement, soit une moyenne de 4 notes par ouverture ! En un siècle d’histoire de la musique, l’harmonica a doublé le nombre de ses notes !

Les techniques d’overnotes permettent de faire bien d’autres choses : jouer des notes naturelles en altérant dans d’autres ouvertures afin d’obtenir des timbres différents ou des facilités de jeu lorsque le tempo est très élevé, jouer des effets de glissandos entre les overblows… Tout cela fera l’objet d’un autre article.

En attendant, si vous désirez apprendre à jouer toutes ces notes, la toute première chose à faire est de jouer les notes naturelles en prenant garde de ne jouer qu’une note à la fois. Et pour cela, il faut avoir un bon harmonica et une bonne embouchure. Avec une mauvaise embouchure et/ou un instrument bas de gamme, vous aurez toutes les difficultés du monde à jouer de jolies notes et parfois même à jouer les notes tout court !

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