Comment apprendre l’improvisation jazz ?

Vous avez déjà un bon musical, puisque vous savez déjà altérer dans le grave. Vos notes altérées ne sonnent pas encore très juste ? Pas de panique – pas grave, dirons-nous – ça viendra avec le temps, à force de les travailler. Je vous conseille de vous y atteler au moins 5 minutes par jour, avant de suivre le moindre cours. Vous aimez le jazz, vous souhaitez savoir comment apprendre l’improvisation jazz mais vous n’avez pas envie de travailler des morceaux à fond la caisse. Or c’est ce que l’on voit souvent sur YouTube : des pointures du genre qui jouent à tout vitesse, que l’on n’arrive jamais à suivre.

Je me rappelle une ancien professeur de piano qui me faisait découvrir une gamme et qui voulait que je l’applique aussitôt dans un morceau rapide. C’est absurde : personne ne peut comprendre, assimiler, créer et avoir de l’intuition en trente secondes. Même l’ordinateur le plus puissant au monde, qui serait dévolu à cette tâche, ne pourrait pas l’exécuter dans un laps de temps aussi court. Un jour, il m’a montré une gamme et s’est mis à jouer pendant dix minutes. A la fin de sa prestation, il m’a carrément dit : « Bon là, je ne l’ai pas trop utilisée, mais tu comprendre l’esprit ». Comme si je pouvais comprendre une nouvelle notion que je n’ai pas encore appliquée sur mon instrument, alors que le professeur lui-même ne l’utilise pas !

Je n’écris pas ces quelques lignes pour casser du sucre sur le dos des autres professeurs de musique, mais force est de constater que, dans le jazz, il y a beaucoup de ce délire, où l’on parle de concepts évasifs, sans aucune pédagogie, où des types à la virtuosité impressionnante postent des vidéos, non pas pour enseigner, mais pour en mettre plein la vue aux autres. Ce n’est pas une remarque personnelle, parce que je ne perds pas mon temps à les regarder, mais ce sont mes propres élèves qui m’en parlent : « J’ai vu une vidéo sur YouTube, le gars est vachement impressionnant, mais il n’explique rien, ça va trop vite et je me sens nul parce que je n’arrive à rien faire ».

L’objet de cet article est de vous permettre de comprendre comment apprendre l’improvisation jazz, pas à pas, en commençant par les ballades.

Une ballade, c’est une forme musicale à 4 temps, à tempo très modéré : idéal quand on doit appliquer de nouvelles notions.

Il n’est pas vrai de dire qu’un morceau est ennuyeux : une pièce musicale est ennuyeuse si elle est mal jouée ou si l’auditeur n’apprécie pas le style dans laquelle elle est jouée.

Dans la vidéo ci-dessous, vous allez m’entendre jouer une ballade de jazz ; j’improvise librement sur quelques mesures seulement, mais dans l’exécution du morceau, même lorsque je joue le thème principal, je ne me contente pas de jouer les notes mais de tourner autour, de jouer des rythmes différents de ceux écrits sur la partition, de manière à interpréter le morceau, plus qu’à l’exécuter.

Je vous laisse regarder la vidéo, puis je vous explique comment apprendre l’improvisation jazz.

It Might As Well Be Spring

Comment apprendre l’improvisation jazz ?

Tout d’abord, est-ce l’improvisation s’apprend ? Si vous écoutez l’interview d’un musicien qui vous dit que l’improvisation lui vient uniquement de son inspiration, qu’il a l’impression que ça lui vient du Ciel, soit vous êtes en train d’écouter un artiste qui a oublié comment il avait appris à improviser, soit vous écoutez un menteur.

Je me rappelle un jazzman qui m’avait dit qu’aujourd’hui, « on peut tout jouer ».

Bien.

Et alors ?

Dans quel ordre ?

Comment choisit-on ses notes ?

Où les joue à quel moment ?

Et avec quel rythme ?

Ne commencez pas l’improvisation par l’étude des gammes

Une gamme, c’est un ensemble de notes qui entretiennent des liens particuliers avec l’une d’entre elles, que l’on nomme la tonique. Sur chaque accord de la grille harmonique (les accords sont joués par les instruments accompagnateurs, comme la guitare ou le piano), vous pouvez jouer une quantité impressionnante de gammes.

Si vous débutez l’apprentissage de l’improvisation par les gammes, vous allez vite vous perdre, tellement il y a de choix possibles. Et comme vous ne savez pas encore bien vous servir de la moindre gamme, vous allez tâtonner pendant des années avant de sortir la moindre phrase cohérente.

Je le sais : c’est l’erreur que j’ai moi-même commise. Il faut dire que de nombreuses méthodes du commerce vous proposent de bouffer des gammes pendant des heures avant qu’il en ressorte quelque chose. C’est ce que j’ai fait pendant deux ans : après avoir passé des heures et des heures à travailler toutes ces gammes sur mon instrument, quand je prenais un solo, je jouais des bouts de gammes. Mais je ne jouais pas de musique.

J’ai perdu deux ans à travailler avec cette méthode.

Je ne dis pas que travailler les gammes soit inutile, mais ce n’est pas par là que vous devez commencer si vous n’avez jamais appris à improviser.

Comment apprendre l’improvisation jazz : histoire d’une découverte

Laissez-moi vous raconter une anecdote…

J’étais allé voir un groupe de jazz, près de chez moi : j’ai la chance d’habiter près d’une salle de concert où, un soir par semaine, des pointures de jazz sont invitées à jouer pour les membres de l’association et le public de curieux. Il y a toujours une très bonne ambiance. A la fin du concert, tout le monde se dirige à la buvette : il faut bien faire vivre l’association !

Dix minutes plus tard, une jam session est organisée : chaque musicien, amateur ou non, est invité à monter sur scène, pour improviser avec les musiciens du groupe qui vient de se produire.

Ce soir-là, j’avais retrouvé un ami qui s’était mis au saxophone.

Au moment de la pause buvette, je luis dis : « J’espère que tu n’as pas oublié ton sax, tu vas pouvoir t’amuser avec nous ».

Et lui de me répondre : « Oh non, je ne l’ai pas pris : pour le moment, je travaille mes gammes, depuis deux ans ; je pense en avoir encore pour un an ou deux avant de me mettre à travailler un thème et improviser ».

Et là, le saxophoniste du groupe que nous venions d’entendre jouer, qui avait surpris notre conversation, s’exclame : « Mais ça ne marche pas comme ça, l’improvisation ! »

Cette réflexion avait excédé mon ami, qui me dit alors : « Non mais, pour qui il se prend, celui-là, de nous regarder de haut ? Tu parles que « ça ne marche pas comme ça » : on voit ça dans toutes les méthodes ; si ça ne marchait pas comme ça, ça se saurait ! Lui aussi a dû en bouffer, des gammes ».

Selon moi, le saxophoniste professionnel ne nous avait pas pris de haut, il m’avait paru sincère.

Alors, je l’ai interrogé.

Il m’a appris qu’il avait commencé à aborder l’improvisation par les morceaux et qu’il pensait « mélodies » plutôt que « morceaux de gamme ». Il me disait qu’il chantait ses airs préférés et que, lorsqu’il trouvait un air qui lui plaisait, il s’amusait avec et essayait d’en trouver des variantes.

C’est une approche que j’ai trouvée intéressante et plus ludique, mais il faut avoir une bonne oreille pour cela. Et puis, comment savoir par quelle note commencer ? Et surtout, est-ce qu’on ne risque pas de se perdre et de jouer des notes qui ne vont pas très bien sonner avec l’accompagnement ? Est-ce que je ne vais pas fatiguer le pianiste ou le guitariste avec qui je vais jouer, si je propose des phrases qui n’ont aucun sens, dont les sons partent tous azimuts, créant des lignes plus ou moins mélodiques, qui n’auront aucun lien entre elles ?

J’en étais là de ces réflexions quand, quelques mois plus tard, je m’étais acheté un billet pour aller applaudir un groupe de musique baroque.

J’aime beaucoup ce style de musique, qui a perduré pendant plusieurs siècles, avant qu’elle se transforme et devienne de la musique classique. Ce que j’aime, dans cette musique, à part les morceaux eux-mêmes, c’est ce vent de liberté que l’on retrouve également dans le jazz ; car la musique baroque est aussi une musique où l’improvisation tient une place importante.

Le concert était fabuleux : un claveciniste, une joueuse de viole de gambe, un joueur d’archiluth et un violoniste. Je me rappelle avoir écouté un solo d’archiluth de toute beauté.

Après le concert, j’étais allé féliciter les musiciens et parler avec eux, pour en savoir plus sur leurs instruments et leur manière d’aborder ces manuscrits du XVIème siècle qu’ils avaient retrouvés et qui n’avaient jamais été joués auparavant.

C’est alors qu’en louchant sur la partition du violoniste, qui était restée sur le pupitre, que j’ai eu cette révélation qui allait me conduire à écrire une méthode d’improvisation jazz révolutionnaire.

Sur cette partition, je voyais beaucoup de rondes, qui sont des notes très longues. Or, dans l’exécution de ses morceaux, le violoniste ne jouait jamais de rondes. Je crois bien qu’il n’en a pas joué une seule : des blanches, de temps en temps, mais plutôt et – surtout – des croches et des doubles-croches. Je lui ai fait part de mon étonnement, ce à quoi il a répondu : « Ah, mais non : je ne suis pas censé jouer des rondes. En fait, ces notes qui sont indiquées sur ma partition, me servent de guide et j’improvise entre ces notes ».

Bingo !

C’est ça, le secret : trouver des notes qui doivent être jouées à certains endroits du morceau, parce qu’elles sont caractéristiques de l’accord ou du thème original et improviser des airs pour rejoindre ces notes.

Reste à savoir comment relier ces notes. Mais d’abord quelles sont ces « notes-jalons » : comment les trouver, à quel moment les jouer.

C’est tout l’objet de votre premier cours d’improvisation.

Martine apprend l’improvisation jazz

Je me suis amusé à reprendre une célèbre couverture de la BD si chère aux enfants, de la collection des « martine ». C’est mignon et l’image où la petite héroïne est penchée peut nous faire penser qu’elle étudie une partition de jazz. Avec un brin d’imagination, évidemment.

Si j’ai pensé à illustrer vos premiers cours d’improvisation de par cette image, c’est parce que je voulais signifier que l’improvisation doit être un jeu d’enfant.

Cela pour cinq raisons essentielles :

  1. on peut commencer à improviser tout de suite, même si l’on n’a aucune expérience en la matière ;
  2. on retient peu de notions à chaque fois ;
  3. c’est vraiment comme un jeu d’appliquer chaque notion dans un morceau qui nous plaît ;
  4. comme c’est facile, on réussit, alors on est fier de soi ;
  5. au final, c’est plus motivant.

A qui s’adresse ce guide ?

Aux tous qui apprennent :

  • l’harmonica jazz ;
  • la guitare jazz ;
  • le piano jazz ;
  • le saxophone jazz ;
  • la trompette jazz ;
  • la flûte jazz ;
  • le trombone jazz ;
  • le violon jazz ;
  • la contrebasse jazz ;

Bref, tous les instruments sur lesquels on peut jouer des mélodies !

Ce n’est pas parce que votre livre numérique s’adresse à tous les instruments mélodiques, que cela reste de la théorie pure : si vous êtes déjà élève de l’école d’harmonica, vous savez que votre professeur n’aime pas faire de la théorie, juste par plaisir de faire de la théorie : ce sont bien des outils pratiques qui vous sont proposés, que vous pouvez appliquer directemenr sur l’instrument.

N’hésitez pas à partager ce guide avec vos amis : les conseils qui y sont prodigués conviennent à tous.

Vous guider en improvisation

Plutôt que vous donner quelques conseils sommaires et de vous lâcher la bride sur le cou, je vous propose de vous accompagner.

Vous allez faire vos premiers pas avec votre professeur d’harmonica. Ainsi, vous ne serez jamais largué et vous obtiendrez les réponses à toutes vos questions.

Ça vous tente ? Bien.

Le tout premier pas est de télécharger votre livre numérique.

Vous allez recevoir votre livre par e-mail.

Et ensuite ?

Ensuite, je vous invite à prendre vos quatre premiers cours en vidéo.

Improviser : 4 cours en accès libre

Ces 4 cours d’improvisation vous vont permettre d’improviser sur n’importe quel morceau, car il suffit de jouer les notes des accords. Bien sûr, pour cela, il faut savoir de quelles notes sont composés les accords du morceau. Si vous ne les connaissez pas, n’hésitez pas à me le signaler : je vous donnerai les clés pour trouver les notes de tous les accords jazz.

L’un des manières d’aborder des mélodies par les notes des accords, c’est de penser en arpèges. Un arpège, c’est quand on joue les notes d’un accord les unes après les autres et non en même temps, comme on peut le faire sur une guitare, un piano, un accordéon ou un harmonica d’accords (qui ne sert qu’à ça). Quand on joue toutes notes d’un accord simultanément, on dit alors qu’on « plaque » un accord.

Pas besoin d’avoir de grandes notions de solfège pour suivre ces cours en vidéo : il faut juste savoir lire les accords qui sont écrits au-dessus de la portée en clé de sol ou d’avoir la grille harmonique du morceau, c’est-à-dire un tableau qui vous donne uniquement les accords qui sont joués dans le morceau, à l’exception de toute ligne mélodique.

Retenez que ce sont bien quatre cours pour débutant en improvisation, mais pas pour les débutants en harmonica : si vous ne savez pas encore jouer les notes naturelles, encore moins les altérations, vous avez d’autres étapes à franchir.

Une fois cette phase d’initiation franchie, je vous proposerai d’entrer dans le vif du sujet, grâce aux dossiers pédagogiques complets.

Les dossiers pédagogiques complets

Les premiers cours de l’école internationale d’harmonica ont été mis en ligne en septembre 2014. Plusieurs formations ont vu le jour depuis. J’ai eu à cœur de recueillir l’expérience de chacun de mes élèves, afin de savoir s’ils trouvaient les méthodes agréables et faciles à suivre ; je les ai interrogés sur ce qui leur manquait ou ce qu’il y avait en trop.

J’étais sûr de ma pédagogie, car j’avais déjà l’expérience de plusieurs années d’enseignement en cours particuliers et stages collectifs. Mais délivrer le même contenu par Internet, en guides numériques et vidéos, ce n’est pas la même démarche : on ne réagit pas de la même façon, que l’on soit devant son professeur, dans la même pièce, que lorsque l’on regarde une vidéo sur son ordinateur, sa tablette ou son smartphone.

Plusieurs types de cours ont été testés.

Celui qui a remporté tous les suffrages est celui que j’inclus dans ce que j’appelle un « dossier pédagogique complet ».

Ces dossiers peuvent être utilisés par les pianistes, les guitaristes ou les soufflants. Mais les exemples sont tous joués par votre professeur d’harmonica, sur une bête de course en Bb.

Chaque dossier est associé à l’étude d’un morceau. Dans chacun d’eux, vous trouvez :

  • la démonstration du morceau ;
  • la piste d’accompagnement (que l’on appelle couramment « playback ») pour que vous puissiez rejouer le morceau en étant accompagné par un vrai groupe de musiciens, parfois même tout un orchestre ;
  • la partition en clé de sol ;
  • la tablature pour harmonica ;
  • un livret analysant la structure du morceau ;
  • un ensemble de vidéos de cours où vous voyez votre professeur travailler le morceau en direct ;
  • des conseils pour apprendre le morceau efficacement ;
  • un guide décrivant les pistes à explorer pour improviser ;
  • des exemples de phrases d’improvisation en vidéo.

Avec un tel dossier, vous avez de quoi faire pour travailler un morceau qui vous plaît et progresser en improvisation.

L’avantage d’aborder l’improvisation par les morceaux et non par des exemples théoriques, c’est qu’en plus de progresser, vous allez enrichir votre répertoire.

Le « deuxième effet Kiss Cool », c’est qu’en enrichissant votre répertoire, vous allez avoir de plus en plus de vocabulaire.

Le vocabulaire du jazz

Imaginez que vous désiriez apprendre une nouvelle langue. C’est un peu ce que vous allez faire avec l’improvisation jazz : vous allez utiliser les notes de musique que vous connaissez déjà, qui représentent votre alphabet ; mais vous allez les jouer par petits groupes, comme lorsque l’on forme des mots. Ces mots, placés bout à bout de manière logique, deviennent des phrases musicales.

Si je vous enseigne la grammaire de l’espagnol et que je vous lâche dans un pays hispanophone sans que vous ayez écrit ou dit la moindre phrase, croyez-vous que vous allez être autonome ! Sûrement pas, car il ne suffit pas de connaître la grammaire, la syntaxe et la conjugaison. Encore faut-il connaître des mots de vocabulaire et savoir les utiliser à bon escient.

Or quoi de mieux que les standards du jazz pour engranger du vocabulaire ? Au moins, vous serez sûrs de retenir des phrases musicales cohérentes, qui plairont à votre oreille.

Mais ce n’est pas tout : en parallèle, je vous convie à un rendez-vous hebdomadaire, pour les passionnés de jazz.

Jeudi, c’est jazz !

Chaque jeudi, vous recevez un cours en accès libre où votre professeur d’harmonica vous présente une phrase de jazz. Non seulement vous pouvez l’écouter et la jouer, mais vous avez aussi un cours par écrit, qui vous dévoile les démarches qui ont amené votre professeur à penser à cette phrase.

Ce n’est pas une méthode à part entière – et l’on aborde de temps en temps les gammes dans ces cours hebdomadaires – mais c’est un merveilleux complément des dossiers pédagogiques complets.

Je vous remercie de m’avoir lu jusqu’ici.

Si ce n’est déjà fait, je vous rappelle la première étape : télécharger martine apprend l’improvisation jazz

 

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