Si vous débutez en musique, l’une des questions que vous vous posez sûrement est : « Comment développer son oreille musicale ? » Ou, posée autrement : « Quand serai-je capable de jouer un morceau d’oreille ? » Car la peur que l’on a, quand on souhaite apprendre la musique, c’est de ne pas trouver la méthode adaptée à son niveau musical, surtout quand le niveau musical est proche de zéro. La plupart de mes futurs élèves musiciens me disent : « J’espère que votre pédagogie va m’aider, car attention, je n’ai pas du tout l’oreille musicale ». Si vous vous posez cette question, c’est que vous avez bien conscience qu’il est important pour votre formation musicale d’avoir une bonne oreille.

Tout d’abord, sachez que l’oreille musicale, si c’est inné pour certains – tant mieux pour eux – ce ne fut pas le cas pour moi. Aussi, j’ai toujours été friand de conseils et d’astuces sur le sujet. Comment développer son oreille musicale facilement, sans y passer plusieurs heures par jour ? Il m’a fallu des années pour parvenir à compiler des exercices faciles et efficaces. Certains exercices sont purement liés au développement de l’oreille, d’autres abordent l’improvisation – une autre manière de développer son oreille – ou le travail des notes sur l’harmonica.

La musique est avant tout un plaisir et doit le rester. C’est pourquoi je n’ai pas cherché à vous écrire un article de théorie musicale ; si vous suivez mes formations, vous savez que je n’aime pas faire de la théorie pour le plaisir de faire de la théorie, mais que les notions que j’expose dans les cours théoriques sont mises en application aussitôt sur l’instrument. Donc, pas de démonstrations scientifiques pour expliquer comment développer son oreille musicale, mais trois exercices sous forme de jeux, faciles à pratiquer. Tout le monde peut y jouer, même si ces jeux ont été pensés avant tout pour les grands débutants et tous ceux qui, déjà musiciens mais ne jouant que d’après partition – ce fut mon cas pendant des années – cherchent à développer leur oreille.

Nul besoin de solfège pour acquérir et développer son oreille musicale.

Apprendre à écouter

Vous avez deux oreilles, vous entendez parfaitement ? Très bien, mais savez-vous écouter ? L’écoute de musique, ce n’est pas seulement « entendre de la musique », de la même façon qu’écouter un discours, ce n’est pas seulement l’entendre. Ecouter et entendre ne sont pas synonymes : nous entendons tous des bruits environnants ; l’absence totale de bruit serait étonnante pour la plupart d’entre nous, surtout les citadins qui entendent des bruits du lever au coucher. Mais entendre, ce n’est pas écouter. Dans l’écoute, il y a la notion d’attention : pour bien écouter, il faut se concentrer.

Peut-être vous dites-vous que vous savez écouter, parce que vous aimez écouter de la musique. Mais l’écoutez-vous vraiment ? Êtes-vous capable de distinguer tous les instruments qui jouent le morceau que vous êtes en train d’écouter ? Car avoir l’oreille musicale, ça n’a rien à voir avec le fait d’apprécier d’entendre de la musique : bien sûr que ceux qui ont l’oreille musicale sont capables d’apprécier la musique, encore heureux. Mais savoir comment développer son oreille musicale, c’est avant tout savoir écouter attentivement un morceau et être capable de l’analyser. Or l’analyse requiert une faculté de perception de l’espace sonore que l’on acquiert par la pratique. On peut aller très loin dans l’analyse auditive d’un morceau. Les musiciens qui ont une très bonne oreille peuvent, dès la première écoute :

  • savoir quels instruments jouent ;
  • savoir combien de mesures comporte le morceau ;
  • savoir si l’interprétation du morceau est binaire ou ternaire ;
  • savoir dans quelle tonalité principale est joué le morceau ;
  • savoir quels sont les modes utilisés ;
  • déterminer la structure du morceau ;
  • avoir une idée de la période à laquelle le morceau a été composé ;
  • rejouer le morceau aussitôt sur leur instrument ;

Tout cela peut vous paraître inaccessible si vous débutez, mais dites-vous bien que ce sera de plus en plus accessible pour vous. Pour ce faire, il vous faut tout d’abord apprendre à écouter, grâce à un petit jeu que je vous propose dans cette vidéo :

Développez votre oreille musicale !

Ce petit jeu, on me l’a appris au cœur d’un stage que j’avais suivi pour acquérir l’oreille absolue (qui permet de nommer les notes de musique, indépendamment de tout contexte musical). Finalement, j’ai arrêté de chercher à avoir l’oreille absolue : je préfère avoir une excellente oreille relative, capable de reconnaître les intervalles entre les notes de musique, de les différencier et d’apprécier la consonance ou la dissonance entre une note que je joue et celles jouées par les instrumentistes accompagnateurs.

On apprend toujours plus facilement par le jeu. Dans un cours de musique, on devrait ressentir la même joie, la même pointe d’excitation que l’on ressent lorsque l’on participe à un nouveau jeu ou à un jeu qui nous a laissé de bons souvenirs.

Improviser en s’amusant

Une autre piste à explorer pour développer votre oreille : l’improvisation. Ne sautez pas ce paragraphe si vous débutez la musique, car je l’ai écrit en pensant en priorité aux grands débutants. Les quelques lignes qui suivent vous dévoilent des conseils que tout un chacun peut utiliser, quel que soit son niveau, mais qui sont adaptés aussi à tous ceux qui, comme vous peut-être, débutent la musique.

Pourquoi improviser ? En quoi l’improvisation peut vous aider à développer votre oreille ?

En fait, quand on improvise une mélodie, par définition, on ne l’a pas répétée : l’improvisateur est un « compositeur de l’instant », dit Eric Boell. On ne peut pas prétendre savoir improviser si l’on n’écoute pas attentivement ce que l’on joue. Autant on peut jouer une mélodie apprise par cœur, après l’avoir répétée de nombreuses fois – et ne plus l’écouter, ce que je ne vous conseille pas de faire – autant il est impossible d’avoir un discours musical cohérent en improvisation si l’on ne s’écoute pas jouer.

Savoir improviser à l’harmonica, est-ce donné à tout le monde ?

La pratique de l’improvisation peut paraître paradoxale : vous m’entendrez souvent dire que « l’improvisation, ça ne s’improvise pas : ça s’apprend » et que tout le monde peut improviser car « la pratique de l’improvisation est innée ». Curieux, n’est-ce pas ? En fait, il faut voir l’improvisation sous deux aspects.

L’improvisation innée

Avez-vous déjà entendu un enfant inventer des histoires ou des chansons ? Je me rappelle que ma petite sœur, quand elle avait 5 ans, chantait tout le temps. Ma mère chantait beaucoup, à l’époque. Mais, alors que ma mère chantait des chansons de Brassens, ma sœur chantait des airs inconnus. En fait, elle racontait ses journées en chansons. Croyez-vous qu’elle écrivait ses mélodies avant de les apprendre par cœur, à l’âge de 5 ans ? Bien sûr que non : elle les inventait spontanément, elle improvisait.

Ma sœur n’est évidemment pas le seul exemple d’enfant qui sache créer des mélodies spontanément : des millions d’enfants sont capables d’inventer des histoires, d’inventer des jeux ou des chansons. Sans doute était-ce aussi votre cas.

L’improvisation acquise

Puisque vous êtes capable d’improviser, il faut maintenant apprendre à improviser de manière cohérente. En fait, il vous faut apprendre à jouer des phrases qui puissent s’enchaîner de manière logique, pour créer un ensemble cohérent. Que dites-vous du texte ci-dessous ?

Chaque jour, je sors mon harmonica de son étui et joue un air qui me plaît. J’ai rencontré la boulangère de mon quartier hier matin, alors que je sortais acheter mon journal. Je n’aime pas beaucoup le tapioca, je préfère la polenta.

Avez-vous l’impression que ce texte forme un tout ? Assurément non : chaque phrase, prise individuellement, a du sens, mais mises bout à bout, elles ne racontent rien de cohérent. C’est pareil quand on débute en improvisation : on est capable de jouer des mélodies spontanément, mais enchaînées les unes aux autres, elles ne donnent pas forcément envie d’écouter la suite, parce qu’elles manquent de cohérence. C’est cela qu’il faut apprendre à faire. Pas que cela, car il faut aussi que vos phrases musicales se marient bien avec les sons des instruments qui vous accompagnent. Mais ça, c’est l’étape suivante.

La toute première étape, c’est déjà de jouer des phrases a capella, qui s’enchaînent naturellement. C’est ce que je vous propose dans ce deuxième jeu.

Comment développer son oreille musicale en improvisant ?

Je vous propose un petit jeu que j’ai appelé « Improviser en s’amusant ». Très abordable, quel que soit votre niveau musical et votre niveau technique à l’harmonica, il vous permet de trouver des phrases et surtout, de les développer pour avoir un discours musical cohérent.

Le jeu se déroule en 5 actions :

  1. déterminer les notes d’une phrase courte ;
  2. jouer la phrase ;
  3. interpréter la même phrase rythmiquement ;
  4. répéter cette phrase en imitation ;
  5. trouver la fin de la phrase.
Improviser en s'amusant

Le travail des altérations

Je suis professeur d’harmonica, mais pas que : j’enseigne aussi l’apprentissage du piano-bar et j’anime des stages tous instruments. Aussi, j’ai une grande expérience dans l’enseignement de la musique à de nombreux instrumentistes. Je remarque souvent que les musiciens en herbe qui ont la meilleure oreille musicale sont les harmonicistes. Les harmonicistes que j’ai en cours privés ou en stage ne sont pas des dieux vivants qui n’ont jamais eu besoin de travailler leur oreille : c’est justement parce qu’ils travaillent leur oreille qu’ils sont meilleurs que les autres instrumentistes, à niveau technique égal.

En fait, quand on ne se contente pas de jouer les notes naturelles, soufflées et aspirées sur son instrument, mais que l’on commence à altérer, on est obligé d’écouter attentivement ce que l’on fait. Quand on est au piano, par exemple, si l’on n’est pas sûr des notes que l’on doit jouer, il suffit de regarder ses doigts. Les harmonicistes, eux, ne peuvent pas regarder leur langue, à moins d’avoir les yeux dans la bouche…

Il faut donc absolument s’aider de son oreille. Mais peut-être allez-vous me rétorquer : « Je comprends bien, mais quand on n’a pas une bonne oreille musicale à la base, comment savoir si l’on joue juste ? » Pour cela, vous pouvez acquérir un petit outil génial – très bon marché, qui plus est – qui vous rendra de grands services : l’accordeur chromatique. Ce n’est pas un outil réservé aux débutants : je continue de l’utiliser pour contrôler la justesse de mes notes, surtout quand je joue à nouveau sur un harmonica dont la tonalité n’est pas celle que j’utilise habituellement. Autrefois, le seul outil disponible était le diapason : le « la 440 Hz » pour accorder les instruments de l’orchestre, les diapasons de quatre sons pour accorder les cordes du violon ou de la mandoline ; c’étaient déjà des outils très pratiques, mais il fallait avoir une très bonne oreille pour savoir si la note que l’on produisait était au-dessus (donc plus aiguë) ou plus bas (donc plus grave) que la note que le diapason donnait en modèle. Et combien au-dessus ou en-dessous ? L’accordeur chromatique est une belle invention, car on voit les écarts entre la note jouée et celle que l’on cherche à obtenir.

Dans la vidéo ci-dessous, je vous dévoile comment je procède pour travailler les notes altérées, à l’intérieur d’un morceau. En fait, le processus est très simple, si l’on s’aide de l’accordeur chromatique :

  1. je repère les notes altérées du morceau ;
  2. je repère ensuite les altérations dont je veux contrôler la justesse ;
  3. je joue les notes qui précèdent cette altération ;
  4. je joue l’altération en la prolongeant (je ne respecte pas le rythme écrit sur la partition pour cet exercice) ;
  5. je contrôle sa justesse grâce à l’accordeur chromatique (et je corrige la position de ma langue, le cas échéant).
Les altérations dans un morceau

 

Vous ne savez pas encore jouer les altérations aspirées ou vous avez du mal à les jouer ? Dans moins de six mois, ce sera un problème réglé ! J’ai en effet conçu une formation en six modules qui vous permet :

  • de jouer les neuf notes altérées aspirées de l’harmonica diatonique ;
  • de jouer douze morceaux progressifs, incluant des altérations ;
  • de jouer des effets caractéristiques de l’instrument ;
  • de sublimer vos mélodies ;
  • de vous préparer aux morceaux de blues ;

Dans les formations, je file la métaphore de la navigation de plaisance : imaginez que vous montiez à bord d’une péniche et que vous partiez en croisière, avec tout un personnel de bord qui vous accueille et vous apprend la musique pas à pas, petit à petit, chacun selon sa spécialité. Cette formation à la pratique des notes altérées aspirées s’appelle Le Carré Des Plaisanciers :

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