Vivre avec peu pour vivre mieux grâce au minimalisme

Pots de plantes : le minimalisme en décoration !

Peu, c’est mieux.

Le minimalisme, c’est se contenter de peu pour ne pas encombrer son esprit de pensées inutiles. « Less is more », disent les anglo-saxons : si vous décorez une pièce avec des plantes mais que vous alignez tellement de pots, serrés les uns contre les autres, sur toute la longueur et sur les 4 murs, vous allez vite vous sentir envahi. Au contraire, si la décoration est sobre, chaque objet sera mis en valeur. Le minimalisme procède donc de la simplicité volontaire.

Le minimalisme existe dans tous les arts depuis les années 1960. Mais dans cet article, je ne vais pas vous faire un exposé sur la musique minimaliste; j’apprécie les compositions de Philip Glass, – que j’ai déjà fait jouer à un élève pianiste qui appréciait beaucoup le minimalisme et la musique répétitive du compositeur – mais ce n’est pas ce style de musique que j’aborde dans mes cours d’harmonica : avec moi, vous jouez plutôt des morceaux de jazz, blues, country, musique celtique, folk, pop, rock, musette, chansons françaises et internationales. Alors, pourquoi écrire un article sur le minimalisme si ce n’est pour aborder la musique minimaliste ?

Eh bien, parce que c’est une démarche que j’ai adoptée récemment et qui donne d’excellents résultats, notamment en improvisation. Longtemps, j’ai cherché des méthodes pouvant me permettre de jouer de beaux solos et j’ai acheté une quantité impressionnante d’ouvrages sur l’improvisation, notamment en jazz. Ce style de musique laissant une grande part à l’improvisation, je me suis dit qu’en apprenant à improviser en jazz, j’aurais les capacités d’improviser dans d’autres styles de musique. Sur ce point, je ne m’étais pas trompé, mais là où je me suis perdu, c’est sous l’avalanche d’informations que j’ai eu à ingurgiter.

Trop d’informations tue l’information

Une bibliothèque remplie à craquer de livres : on est loin du minimalisme !

Trop d’informations, beaucoup trop !

A notre époque, ère de l’information, nous avons accès à tellement de connaissances possibles que, bien souvent, on ne sait plus où donner de la tête. Vous souhaitez apprendre à jouer d’un instrument de musique ? Vous allez trouver des quantités de vidéos, de livres, de méthodes, de CD, de partitions… Pourquoi en existe-t-il autant ? Avons-nous réellement besoin de les acheter tous ? Si nous n’avons pas besoin de tout cela, quelle légitimité y a-t-il à les acheter ?

Et même à l’intérieur d’une méthode elle-même, on trouve parfois beaucoup d’informations. Vous pensiez tout savoir ? Vous en êtes loin : chaque fois que vous découvrez une nouvelle notion, vous prenez le risque d’ouvrir une nouvelle porte derrière laquelle vous allez découvrir un monde nouveau. Ce n’est pas une mauvaise chose et, curieux comme je le suis, je me dis que c’est plutôt une aubaine de pouvoir découvrir autant de choses grâce aux livres. Mais le risque, en fait, c’est d’être submergé d’informations. D’en avoir tellement à notre portée que, d’une part, il faudra énormément de temps pour tout ingurgiter et d’autre part, pendant que l’on étudie tout ça, on ne passe pas beaucoup de temps sur son instrument. Or ce que l’on recherche, c’est de pouvoir passer rapidement à la pratique !

Pour ma part, quand j’ai abordé l’étude de l’improvisation, j’ai acheté une méthode dans laquelle il était expliqué qu’il fallait travailler des gammes dans tous les sens et dans toutes les tonalités : les 12 gammes majeures, les 36 gammes mineures, les 24 gammes blues et des centaines d’autres gammes dont se servent certains jazzmen. « Waouh ! Je vais en apprendre des mélodies », me suis-je dit (mon enthousiasme légendaire). Sauf que l’enthousiasme est retombé, après un an à ingurgiter toutes ces gammes qui n’avaient pas de sens musical (je monte la gamme, je descends la gamme, je joue la gamme en tierces, en quartes, en quintes…). La preuve, c’est qu’après un an d’étude (à raison de deux heures par jour), j’ai joué lors d’un concert de mon groupe de jazz et un ancien professeur de musique, qui était venu m’écouter, m’a dit en coulisses : « Bravo, tu connais bien tes gammes ! Mais tes improvisations, ça ne va pas du tout : on n’entend pas de la musique mais des bouts de gammes collés les uns aux autres… » Frustrant, n’est-ce pas ? D’autant plus frustrant qu’il avait parfaitement raison ; pas étonnant que mes solos n’avaient pas été applaudis…

Finalement, cette année fut plus une grosse perte de temps qu’un enrichissement. Bien sûr, ce que j’avais appris, ce n’était pas complètement perdu, mais malgré la somme impressionnante d’informations que j’avais assimilée, je n’avais pas réussi à produire quelque chose de cohérent. Je dirai même que c’est à cause de cette montagne d’informations, que mon discours musical n’était pas cohérent.

En apprendre peu à la fois

bureau aéré : une application directe du minimalisme

Un bureau aéré, l’accès direct aux informations essentielles, ça libère l’esprit.

Lister toutes les gammes possibles et imaginables, essayer de se les bourrer dans le crâne et croire qu’il va en sortir de la musique, c’est un leurre : j’ai fonctionné comme ça pendant un an et il n’en est rien ressorti de valable. J’ai laissé de côté l’idée d’improviser en jazz et me suis intéressé au blues. Les méthodes d’improvisation blues n’avaient rien à voir avec ce que j’avais tenté d’apprendre en jazz. Alors, j’ai repris goût à l’improvisation, d’autant que mes prestations étaient souvent applaudies.

Après ce passage de quelques années dans le blues, j’ai voulu me remettre à jouer du jazz, non pas par dégoût du blues (j’ai toujours aimé le blues et j’en joue toujours avec plaisir ; d’ailleurs, j’enseigne à mes élèves à jouer blues), mais par envie de réussir là où j’avais échoué. Maintenant que je savais improviser dans un style de musique, j’ai ressenti l’envie d’improviser dans d’autres styles.

Le jazz étant fondamentalement plus complexe que le blues (plus d’accords, des accords plus enrichis, de nombreux changements de tonalité au cours d’un même morceau), je me suis vite rendu compte que, si j’appliquais stricto sensu les approches que j’avais apprises en improvisation blues, je risquais de retomber dans mes anciens travers, à savoir vouloir en apprendre beaucoup pour avoir la possibilité de jouer des phrases musicales dans n’importe quel contexte.

C’est un ami écologiste qui m’a parlé de minimalisme et de simplicité volontaire. En fait, le minimalisme découle de cet état d’esprit de simplicité volontaire : acheter beaucoup pour en jeter la moitié, ça n’a aucun sens, car on dépense beaucoup d’argent, beaucoup d’énergie et l’on crée beaucoup de déchets qu’il va falloir traiter. Je ne vais pas vous faire un cours sur le traitement et le recyclage des déchets, mais vous voyez l’idée. La simplicité volontaire, ce n’est pas vouloir vivre dans la pauvreté mais acheter ou fabriquer le minimum syndical, c’est-à-dire uniquement ce dont on a besoin pour vivre heureux. Et cela passe par une grande prise de recul et une grande réflexion, car on a tellement l’habitude d’acheter, dans notre société de consommation, qu’il nous est difficile de nous séparer d’objets que l’on croit utile, « au cas où ». Alors, on achète beaucoup, on ne se sert pas forcément de ce que l’on achète, mais on conserve « au cas où » et bien sûr, on achète des armoires et des étagères pour entreposer nos achats et quand les meubles prennent trop de place, on déménage pour prendre un appartement plus spacieux, car on se sent envahi… Bref, ce sont encore des dépenses d’argent et d’énergie complètement inutiles et qui, à la longue, nous épuisent.

Au contraire, la simplicité volontaire, même si elle demande une bonne dose de réflexion à la base, nous évite de tomber dans ces écueils de « fièvre acheteuse » et de perte d’énergie. Mais pour y arriver, il faut passer par la phase « minimalisme ». L’idée est de ne pas avoir en n exemplaires des objets dont on n’a besoin qu’en un seul exemplaire. Vous vivez seul ? Pourquoi avez-vous 6 assiettes et 6 fourchettes ? Allez-vous manger dans 6 assiettes à la fois ? Jamais de la vie ! Ah, mais vous pourriez inviter des amis. Admettons. Mais pourquoi avez-vous 12 casseroles ? Vous ouvrez un restaurant ? Non, mais si un jour je dois changer de casserole… Eh bien, gardez-en une ou deux et le jour où vous en aurez besoin, rachetez-en une. C’est aussi simple que ça.

Bon, c’est juste un exemple, mais ça vous donne l’idée de la démarche.

Cette démarche, je l’applique dans mes cours de musique, ainsi qu’en improvisation : plutôt que m’embarrasser de centaines de gammes à jouer dans tous les sens, je cherche une astuce et une seule, un seul outil, que j’exploite à fond. Par exemple, je joue une seule note et j’essaie de trouver une ornementation. Prenons la broderie, par exemple : je joue un do, puis une note située juste au-dessus ou juste en-dessous de la note do, puis de nouveau la note do. Cela donne « do-ré-do » ou « do-si-do ». Ce sont deux ornementations de do :

  • « do-ré-do » est une broderie supérieure ;
  •  « do-si-do » une broderie inférieure.

Si je joue une broderie à partir de chaque note d’une mélodie, j’obtiens une mélodie beaucoup plus riche. Pourtant, l’idée est simpliste. Une fois que j’ai ma phrase mélodique en broderies, je peux en trouver des variantes rythmiques, ce qui me donne encore plein de variations possibles.

C’est vraiment ça, l’idée : utiliser une seule idée à la fois et l’exploiter. Cela a deux avantages :

  1. on ne s’encombre pas l’esprit ;
  2. on pratique énormément.

Du coup, on ressort grandi de cette pratique instrumentale, car on progresse – plus on joue, plus on progresse – sans perdre de temps, d’argent et d’énergie à compiler tout un tas d’informations que nous n’aurions pas le temps de mettre en pratique.

L’improvisation, ça ne s’improvise pas

L’idée que le musicien improvisateur sort des phrases musicales ex-nihilo, frappé par la lumière divine, c’est une belle image, mais qui est complètement fausse : pour improviser de belles phrases musicales, il faut avoir appris à le faire. Dans mes cours d’improvisation, j’utilise le minimalisme : je vous présente à chaque cours une notion ou deux – parfois trois, mais jamais plus – et je vous montre comment exploiter ces notions. Je ne me contente pas de théorie : je vous joue de nombreux exemples d’application de ces outils dans des exemples de morceaux connus. Par exemple, les premiers cours d’improvisation sont consacrés à l’étude de When The Saints Go Marchin’ In : c’est un thème que tout le monde apprécie et que tous les harmonicistes veulent un jour apprendre à jouer. Ce thème me sert de base pour vous exposer toutes les pistes que j’ai découvertes et vous montrer comment je les utilise dans mes improvisations.

Ces cours sont collectifs ; pas besoin de vous déplacer pour y assister : tout se fait depuis chez vous, devant votre ordinateur, votre tablette ou votre smartphone ! Si vous utilisez une tablette ou un smartphone et que vous avez une connexion internet (en WI-FI, par exemple), vous pouvez même suivre l’atelier en-dehors de chez vous, partout où vous vous trouvez. Dans un parc ou sur la plage, par exemple… Vous n’avez même pas besoin d’installer le moindre logiciel ! Il vous suffit de cliquer sur un lien, dans un e-mail que je vous envoie, pour qu’immédiatement, vous entriez dans une salle de cours virtuelle, mais avec des participants bien réels. Si vous avez une webcam avec micro intégré, c’est encore mieux car cela nous permet de communiquer directement par la voix. Mieux encore : vous pouvez jouer vos improvisations et je vous dis ce que j’en pense. Ainsi, vous avez un retour direct sur votre progression.

Ce cours d’improvisation, je l’appelle La Ligue des Skippers. Curieux nom pour un atelier d’improvisation, n’est-ce pas ? C’est qu’en fait, mes formations sont animées par des personnages de B.D. : un personnel de bord qui vous accueille à bord d’une péniche. Les skippers sont les commandants des bateaux de plaisance, ceux que l’on voit à la barre. C’est l’image qui me vient aussitôt à l’esprit quand un musicien improvise : comme le skipper, il prend l’initiative du morceau par les phrases qu’il crée au fil de l’eau.

Nous nous retrouvons donc en groupe, une fois par mois. A chaque fois, l’atelier d’improvisation est enregistré, ce qui vous permet de voir et de revoir l’atelier autant de fois que vous le souhaitez : vous le trouvez en accès libre sur votre espace-membre.

Dès votre inscription, vous avez accès aux anciens ateliers, ce qui vous permet de suivre les épisodes précédents. Ensuite, vous avez la possibilité, chaque mois, de participer à l’atelier d’improvisation. L’atelier se déroule en petit groupe de 3 à 12 personnes (jamais plus), pendant 90 minutes : les 60 premières minutes sont consacrées au cours d’improvisation proprement dit, où chacun participe sur son harmonica – on pratique beaucoup, dans ces ateliers – et les 30 minutes restantes vous permettent d’avoir, en direct, les réponses à toutes vos questions.

Vous souhaitez apprendre à improviser ?

Rejoignez La Ligue des Skippers pour apprendre à improviser dans tous les styles !

Vous découvrir des outils simples mais efficaces, que vous pourrez exploiter à loisir.

Dans les cours d'improvisation, vous apprenez peu à la fois mais comme vous pratiquez beaucoup, vous progressez plus vite :

  • pas de gamme à apprendre ;
  • pas de théorie à n'en plus finir ;
  • pas de notion à apprendre par cœur.

En effet, vous allez retenir vos propres phrases musicales et vos outils préférés à force de pratiquer.

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