Prenez un bon départ à l’harmonica

Vous avez toujours eu envie de jouer de la musique ?

Peut-être avez-vous reçu un harmonica quand vous étiez enfant mais n’avez-vous jamais réussi à en jouer ?

Vous sentir fier et libre de jouer d’un instrument de musique qui tient dans la poche, c’est aujourd’hui votre souhait, mais ce n’est pas simple d’apprendre l’harmonica tout seul dans son coin, même avec une méthode livre & CD ou livre & DVD, car ça va généralement beaucoup trop vite et tout n’est pas expliqué dans le détail, alors on perd vite pied et l’on reste avec d’énormes lacunes, jamais comblées ; quant aux vidéos de cours que l’on peut voir sur YouTube, quand elles ne sont pas en anglais, ce sont généralement plus des démonstrations de virtuosité que de véritables cours. Les rares conseils réels que l’on peut trouver sont rarement précis ; quand bien même ils le seraient, à supposer qu’ils soient efficaces, vos risquez fort d’avoir une collection de conseils piochés à droite, à gauche, sans progression logique et surtout, sans suivi personnalisé.

Du coup, plusieurs questions vous traversent l’esprit :

  • Comment prendre un bon départ à l’harmonica ?
  • Comment jouer mon premier morceau sans y passer 6 mois ?
  • Et tout d’abord, quel modèle d’harmonica choisir ?

Dans cet article, nous allons répondre à cette question : « Comment prendre un bon départ à l’harmonica ? »

En se posant quatre questions :

  1. Vaut-il mieux jouer de l’harmonica diatonique ou de l’harmonica chromatique ?
  2. Peut-on apprendre à jouer de la musique quand on est nul en solfège ?
  3. Faut-il avoir une bonne oreille musicale ?
  4. Si l’on n’a aucune connaissance en solfège et que l’on n’a pas l’oreille musicale, comment réussir à jouer le moindre morceau ?

Nous allons voir les deux grandes familles d’harmonicas, pour vous aider à faire le bon choix. Puis nous aborderons l’apprentissage de la musique en nous demandant si le solfège est indispensable ou complètement inutile ; enfin, nous dirons quelques mots sur l’oreille musicale : est-ce don ? Peut-on se forger une bonne oreille, quand on n’a pas reçu ce don à la naissance ?

Deux grandes familles d’harmonicas

Aujourd’hui, il existe de nombreux modèles d’harmonica, de différentes marques (Hohner, Lee Oskar, Suzuki, …), qui présentent des caractéristiques différentes, en fonction du style de musique que vous souhaitez interpréter. Mais d’une manière générale, on peut les ranger en deux grandes familles : les diatoniques et les chromatiques.

Les harmonicas diatoniques

C’est la famille d’harmonicas la plus ancienne : à l’origine, l’harmonica avait été conçu pour interpréter de la musique folklorique bavaroise. Les Noirs américains en ont fait l’emblème du blues ; depuis, de nombreux musiciens ont adopté l’harmonica diatonique dans tous les styles (rock, country, celtique, …).

Le principe de cet instrument est que, pour jouer des notes, il faut soit :

  • souffler dans une ouverture ;
  • aspirer dans une ouverture ;
  • souffler dans une ouverture en positionnant sa langue d’une certaine manière ;
  • aspirer dans une ouverture en positionnant sa langue d’une autre manière.

Les positions de langue ne sont pas faciles à maîtriser au début, car il faut imaginer tout ce que l’on fait : à moins d’avoir les yeux dans la bouche, on ne peut pas contrôler ce que fait la langue de visu. C’est une partie de l’apprentissage qui peut s’avérer difficile, si l’on s’y essaye seul, mais qui permet de produire des effets absolument fantastiques. Grâce à ces techniques de positionnement de langue, on obtient ce que l’on appelle dans le jargon de l’harmonica diatonique des altérations. Ces altérations sont de vraies notes à part entière, mais elles peuvent aussi être utilisées pour produire des effets sensationnels et ainsi :

  • obtenir toute une palette de sonorités aux timbres différents ;
  • faire pleurer l’harmonica ;
  • le faire crier ;
  • le faire parler (véridique) ;
  • produire des torsions de notes, très caractéristiques dans le blues (proches des effets guitare) ;

Grâce aux notes naturelles soufflées & aspirées et aux altérations, on peut jouer tout la gamme chromatique (c’est-à-dire toutes les notes de la musique occidentale) sur les trois registres de l’instrument (grave, médium, aigu). Cela fait 40 notes en tout, soit deux fois plus que le saxophone !

De plus, lorsque l’on couple le jeu rythmique en accords avec le jeu mélodique (que l’on appelle « Chug And Lead »), on obtient des interprétations très dynamiques, que nul autre instrument à vente n’est capable de produire.

Les harmonicas chromatiques

Le principe de l’harmonica chromatique est de ne pas avoir à positionner sa langue différemment, pour obtenir les notes altérées. En fait, nul besoin de chercher à altérer, pusique ce modèle est doté d’une mécanique qui altère à notre place.

L’harmonica chromatique est en fait constitué de deux harmonicas :

  • l’un en C (do), qui donne la gamme diatonique de do majeur ;
  • l’autre en C# (do dièse), qui donne la gamme diatonique de do dièse majeur.

A l’aide d’une « tirette » (un nom impropre) que l’on pousse, on cache l’harmonica en C et l’on découvre l’harmonica en C#. Cette astuce permet d’obtenir toutes les notes possibles et imaginables (et donc la gamme chromatique), sans avoir besoin de travailler les notes qui manquent à l’harmonica en C.

Il est donc plus simple de jouer de l’harmonica chromatique. Malheureusement, cet instrument a deux gros inconvénients :

  • les sons sont plats, manquent de relief ;
  • il n’est pas possible d’obtenir les effets géniaux produits par l’harmonica diatonique.

L’absence de palette sonore, couplée à l’impossibilité de faire pleurer, crier ou parler l’instrument, rend incongrue son utilisation en dans la plupart des styles musicaux :

  • harmonica blues ;
  • harmonica country ;
  • harmonica celtique ;

Personnellement, bien que certains jazzmen utilisent l’harmonica chromatique, je lui préfère nettement le diatonique, pour tout un tas de raisons :

  • il sonne mieux ;
  • il est beaucoup plus expressif ;
  • il tient dans la poche ;
  • il coûte moins cher ;
  • il est plus facile à mettre en bouche ;

Je ne suis pas le seul à faire ce choix : le jazzman Sébastien Charlier, pour ne nommer que lui, joue exclusivement sur des harmonicas diatoniques. Et Greg Zlap, le sideman de Johnny Hallyday, qui joue essentiellement blues, n’utilise lui aussi que des harmonicas diatoniques.

L’apprentissage de la musique et le solfège

Avez-vous connu une période de votre vie (généralement l’enfance) où vous avez dû faire un an de solfège avant de toucher le moindre instrument ? Quels souvenirs en avez-vous gardé ? La plupart du temps (pour ne pas dire tout le temps), mes nouveaux élèves, qui ont fait de la musique quand ils étaient petits, m’avouent qu’ils cherchent à apprendre la musique sans solfège, car cette époque de leur vie est trop douloureuse pour qu’ils aient envie de la revivre.

Ou alors – et c’est le cas de ceux qui n’ont jamais fait de musique de leur vie – le solfège est perçu comme une pratique ancestrale difficile, rébarbative et sans doute inutile, puisque de nombreux musiciens professionnels sont capables de jouer par cœur, sans aider d’une partition.

En fait, le solfège est la caisse à outils du musicien. Contrairement à une idée reçue, connaître le solfège ne permet pas seulement de lire des partitions.

Le solfège, c’est aussi :

  • la possibilité de jouer les bons rythmes aux bons endroits ;
  • comprendre ce que l’on joue ;
  • interpréter des mélodies en mettant en valeur certaines notes ;
  • se préparer à l’improvisation ;

Apprendre la musique sans passer par le solfège, ce serait comme vouloir fabriquer un meuble sans savoir se servir des outils indispensables à sa conception.

Cela étant, il faut observer deux remarques très importantes :

  • il n’est pas indispensable de passer par un an de solfège avant de toucher l’instrument ;
  • il y a autant de solfèges que d’instruments.

En effet, contrairement aux conservatoires municipaux, où l’on vous enseigne « le » solfège (c’est-à-dire tout ce que les enseignants savent sur le sujet), il est parfaitement inutile d’apprendre des notions et de travailler des exercices qui ne vous seront pas utiles pour l’harmonica. Cela peut vous paraître évident, mais je vous assure que de nombreux élèves se plaignent de l’enseignement du solfège dans ces écoles, où l’on vous faire lire des kilomètres de partitions en utilisant des systèmes qui n’ont rien à voir avec l’instrument que vous étudiez. Et si vous avez le malheur de vouloir arrêter de prendre des cours de solfège, pour vous punir, on vous prive de cours d’instrument.

Absurde…

Pas étonnant que la grande majorité des élèves qui sont passés par ces écoles de musique archaïques en gardent un très mauvais souvenir.

Rassurez-vous : au sein de l’école internationale d’harmonica, lorsque vous débutez les cours de musique, vous ne commencez pas par le solfège. Et dès que vous commencez les cours d’harmonica, tout vous est expliqué en détails pour que vous puissiez tout assimiler et – surtout – mettre vos connaissances en pratique directement sur l’instrument. Bien sûr, je ne vous parlerai jamais de notions qui n’ont rien à voir avec l’harmonica : votre formation musicale est centrée sur l’harmonica et surtout, chaque notion théorique est mise en pratique aussitôt sur l’instrument.

Qu’est-ce qu’une bonne oreille musicale ?

Lorsque l’on a une bonne oreille musicale, on est capable :

  • de se rappeler les airs que l’on joue ;
  • de jouer les bons rythmes, aux bons endroits ;
  • d’improviser librement ;

Il existe deux types d’oreille musicale : l’oreille absolue et l’oreille relative.

L’oreille absolue : une capacité étonnante mais souvent gênante

Certaines personnes naissent avec l’oreille absolue, d’autres l’acquièrent grâce à des méthodes fondées sur la méditation et l’écoute active. L’oreille absolue, c’est la capacité d’un être humain à reconnaître la hauteur d’un son, indépendamment de tout contexte musical.

Je me rappelle une anecdote à ce sujet…

J’étais avec un couple d’amis ; nous étions en train de siroter un jus, dans leur jardin, à la campagne. Un tracteur passait au loin. Le fils de mes amis, âgé de huit ans, s’exclame soudain : « Ah, il m’embête, lui, avec son fa dièse ! »

En effet, le moteur du tracteur produisait un son dont la fréquence était la même que celle de la note « fa dièse ». Le bambin avait reconnu cette note, alors que nous n’étions pas du tout en train de parler de musique. Impressionnant, n’est-ce pas ? Oui, mais…. A quoi cela peut-il bien servir ?

L’oreille absolue peut permettre à celui ou celle qui en est doté de repérer aussitôt les notes d’une mélodie et de les jouer aussitôt sur son instrument, comme s’il les lisait. La personne qui a l’oreille absolue peut donc se passer a priori de déchiffrer une partition. Malheureusement, les gens qui ont l’oreille absolue ont une oreille tellement fine, qu’ils perçoivent la moindre variation de hauteur : il suffit qu’une note change à peine de hauteur, pour qu’elle leur devienne insupportable.

C’est le cas d’un ami guitariste de jazz qui demande à ses musiciens d’accorder leurs instruments toutes les trois chansons, parce que leurs notes ont bougé. Pénible pour la personne qui a l’oreille absolue, mais pénible aussi pour ceux qui n’ont rien remarqué et vis-à-vis de qui elle passe pour une personne pointilleuse. Certains ne peuvent pas de jouer de musique du tout, car il y a toujours un instrument de l’orchestre qui n’est pas parfaitement juste. Ne pas pouvoir faire de musique parce que l’on a une oreille exceptionnelle, c’est un comble.

L’oreille relative : un véritable atout

L’oreille relative est la capacité de reconnaître les intervalles entre les sons. Par exemple, si l’on vous donne la note « do », votre oreille relative entendra à quelle hauteur se situe le « fa » ou le « sol ». A quoi est-ce utile ? Lorsque l’on débute l’harmonica, cela permet d’entendre les notes que l’on va jouer et de contrôler aussitôt si l’on est sur la bonne note. Lorsque l’on progresse en musique, l’oreille relative est un outil précieux pour les harmonicistes qui veulent créer de jolies phrases musicales et improviser.

Comment jouer de la musique si l’on ne connaît pas le solfège et que l’on n’a pas l’oreille musicale ?

Les musiciens qui connaissent bien le solfège sont capables de jouer des mélodies bien rythmées, bien placées sur la musique. Ceux qui n’ont pas cette capacité peuvent utiliser un métronome : aujourd’hui, on en fait des versions électroniques très performantes, avec de nombreuses options pour travailler ses morceaux efficacement. C’est un gain de temps assuré.

Lorsque l’on a une bonne oreille, on peut contrôler si l’on joue la bonne note. Quand on n’a pas encore l’oreille musicale, on peut s’aider d’un accordeur chromatique, qui est un appareil électronique capable de repérer la hauteur d’une note, à la manière de ceux qui sont dotés de l’oreille absolue.

Bien, mais comment savoir quelles notes jouer ?

Pour cela, vous pouvez vous aider de la partition.

Mais si je ne sais pas encore lire les notes, je fais comment ?

Servez-vous de la tablature :

  • un chiffre seul vous indique dans quelle ouverture il faut aspirer ;
  • un chiffre suivi d’un + indique dans quelle ouverture il faut souffler.

Mais avant toute chose, avant de jouer vos premières notes, encore faut-il savoir :

  • quel harmonica choisir ;
  • comment bien mettre l’harmonica en bouche (c’est ce que l’on appelle l’embouchure) ;
  • comment jouer en note-à-note (et bien détacher chaque note de la précédente) ;
  • comment respirer efficacement (comme pour les autres instruments à vent).

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